Jachère

Terre sèche, désert jaune, la poussière se soulève les sabots de l’ennui. Les rêves ne sont plus des oasis où la main plonge dans l’onde. Le son des galops raisonnent au loin, poussière dorée des lointains qui jouent encore. La corde se dessèche aux soleils perdus. L’énergie a fondu, elle se craquèle sous la chaleur des sexes enfuis. Saison des pluies, têtes trempées, la boue se colle aux ennuis. Les rêves même sont noyés sous la diluvienne. Les mains ne trouvent que les ondes qui dégoulinent des yeux mauves. L’eau assourdit le son des joueurs de surface. Ils s’amusent, ils claquent les peaux et enfilent des amants au corps large. […]


Te faire l’honneur 3

Devant moi défilent les hommes de ma vie. Vingt-ans déjà. Vingt-ans et tout semble recommencer. Le sexe ne trouve pas son chemin, les peaux piquent et collent. Tout revient. Les corps ne se parlent. Personne ne sait comment l’amour se faufile entre les grandes lèvres. Pourtant aujourd’hui, je sais. Il ne faudrait jamais commencer à s’attacher avant d’essayer les corps. Tout les hommes de ma vie défilent dans la chambre à coucher aux murs écaillés. Cette histoire ne m’appartient pas, je dois fuir ces lits de complaisance. Ils étaient sexe triomphant. Ils étaient mon dos collé au mur, et leur désir au fond de mon cou. Ils étaient lèvres ardentes […]


Apprivoise-moi 2

Hameçon double où nous sommes tour à tour pêcheur et poisson. Apprivoise-moi, dit le renard. D’un mot à l’autre, nos peaux se rapprochent sans rien savoir de l’avenir habillé ou nu. J’attrape ta ligne, je la tire en douceur. J’attrape tes entrailles, je les tire en douceur. D’un frôlement à un souffle, ton âme s’approche de la mienne. D’un fil à l’autre, les bras se rapprochent. Au-dessus de vos seins, je dresse le cordon de nos ententes. D’une suavité à l’autre, nous susurrons nos liens. Attendre sur la berge que le chemin se fasse pour vous, que votre détour et vos contours arrivent au rivage. Je veux que mon hameçon […]


Laissez mijoter à eau frémissante.

Un long dos s’écoule jusqu’aux fesses. Des gouttes  dégoulinent de la nuque aux pieds. Il est beau. L’eau perle dans les poils de son fessier. Carrelage noir, douche commune, il ne sait pas encore mon regard. Il est propre. Il se retourne. Je suis sous l’eau qui me fouette doucement les seins. Je ne fais pas semblant de me laver ni même de reprendre du savon. Je matte sa peau jeune et lisse, sa chair couleur trente ans. L’eau coule sur mon visage et je n’ai cure de mon image. Immobile, je pose mes yeux sur son sexe. Je ne souris pas. Je regarde sans gêne. Je ne bouge pas […]