Easter 2

Comme chaque année, un lapin


La nuit, je vis 1

Plus rien n’entre ni ne sort. Pas de ma chatte. Plus rien ne sort de mon cerveau. Je n’arrive ni à lire ni à écrire et encore moins à lutter contre ces fichues répétitions, drogues de mes synapses. Si au moins elles me servaient à écrire du rap. Mais, non. Impossible de capturer la moindre phrase pour l’atelier d’écriture à distance. Rien. Vide. Aucune tâche qui construirait un futur n’arrive à franchir les barrières de mon ennui. Même les chimères aux yeux ouverts me sont inaccessibles. Mon imagination applique la distanciation sociale, strictement. Seule la nuit m’apporte une multitude de rêves. Quand je sors de mes murs pour aller au […]


Griffes et rien

Griffes et rien, des ongles tout au long de la peau, transe d’une guitare, une intro à peine et je plonge. Si vite, avant-bras contre avant-bras, même pas liée, déliée de pensées, plongée sans apnée où les poils ondulent. Ses mains lentes à la surface des épidermes, tous à la fois, et là dans le creux des nervures, partout je suis prise d’imperceptible, le cerveau sous un ruban de mer. Il y avait des draps, jaunes et gris, géométriques formes, et mon torse nu, mes jambes piquetées d’orange en peau, la chambre banale sous le toit, tout près de la lumière. J’avais envie de rire et de vivre et de […]


O temps emporte les digues !

  Pendant qu’il est trop tard, viens petit amant du samedi, viens lécher mes doigts, un par un. Alors que s’écoule la nuit, mange chaque parcelle de mon avocat. Entre mes cuisses, dévore les réponses à tes questions. Mais déjà, il est trop tard. Tu es devenu adulte entre mes mains. Quand tu rentreras chez toi, ta mère devinera, aux ridules de ton sourire, que ton sexe est mou, flasque de vide. Demain matin, les livreurs de lave-vaisselle vont passer. Tu ne devrais plus être là, mais entre mes draps aux aurores, j’aurais avalé tes frayeurs nues. Ils sonneront. Et toi, tout endormi des sueurs de nuit, tu ne sauras […]