Oublier demain 3


toe-touch

Tu viens, on va oublier demain. Je ne veux pas être demain, et toi non plus. Viens sur la couette avant de passer en dessous quand le froid nous saisira. Viens.

Tu dis qu’on mettra du chaud, en bas. Tu ris, un peu gêné, gêné pour du faux, gêné juste parce que tu me connais pas bien, assez pour la couette mais pas assez pour être sûr de ma réaction, assez pour te poser sur ma couette quand même. Ton rire, je trouve qu’il grince sans rire. Tu sais les jeux de mots tout pourri pour briser la glace avant les corps. Ton rire, il grince parce qu’il manque d’huile, que je te dis. Je continue de m’enfoncer pour fendre l’armure, avec un piolet à l’humour pas cher et efficace. Tu me réponds : mets de l’huile chérie. Où ? que je te demande. Dans ta culotte, que tu re-réponds. Ah ça oui ! Ce ne sont pas des dialogues à la Audiard ! Ce sont les mots de la chair toute empruntée encore.

Attends, je vais d’abord l’enlever ma culotte si tu permets. Bien sûr que tu permets, bien sûr car tu n’attends que ça. Bien sûr, car je n’attends que ça. Lance-moi ta culotte que tu me lances, l’air de rien. Attends, je la plie comme un avion, un avion à réaction. Toujours l’humour qui ne fait rire que ceux qui ont envie, envie l’un de l’autre. N’empêche, je te lance ma culotte et que tu la rattrapes à la volée. N’empêche, maintenant plus rien ne t’empêches. Je te souris, mes yeux s’allument comme des gyrophares. J’entrouvre mes cuisses et tu t’approches. Elles sont douces. Tu poses ta main sur ma cuisse, tu poses ta main, je frissonne. Ma peau bascule.

Après, ta bouche prendra possession de mon con, ta bouche prendra mon souffle, ta langue dans mon cou, ta langue dans mes oreilles. Ma langue partout où elle s’accroche, la gourmandise étalée entre le torse et l’aine. Partout, dans le nombril, partout sur ton téton, partout. Toute ta peau contre la mienne, ta pine dure contre mon aine, ton désir enivrant et le silence et le bruit des peaux et le bruit des souffles. Tes doigts en moi, ma langue sur toi, le temps s’oublie de mains en mains. Il est temps. Viens.


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