Orchidée Structurée. Petite femelle 8


Voilà bien longtemps que j’ai commencé ce billet, mais je ne savais pas quel bout le prendre ni par quelle entrée passer. Et c’est en lisant Petite Femelle de Philippe Jeanada (livre conseillé – après la lecture de «Je vous écris dans le noir», roman de Jean-Luc Seigle qui traite du même sujet – par un libraire et une éducatrice spécialisée, charmantes personnes rencontrées sur twitter) que j’ai rattrapé au vol mon inspiration (ce truc magique qui m’échappe trop souvent, comme lorsque je cherche un papier précieux, perdu dans un rangement pertinent et minutieux de mon bureau). Par ailleurs, ce billet porte un titre bâtard qui n’aidera pas du tout au référencement logique qui plait tant aux robots internautiques. Mais renafout.

Je tiens tout de même à préciser au lecteur avide de rationalité, qu’il n’y aucun rapport entre ce billet et la Petite Femelle (quoique, en cherchant bien dans un inconscient dérangé – dérangé au sens de l’état actuel de mon bureau – on pourrait y trouver une relation de cause à effet. D’ailleurs je vous encourage à lire cette biographie passionnante qui mêle histoire, féminisme, quête journalistique, sexualité, guerre, humour, éthique et longues parenthèses qui m’ont bien agacée au début)). Venons-en au fait : je vais vous parler à nouveau de l’Orchidée Structurée. C’est un sextoy en bois réalisé par un artisan ébéniste (j’avais prévenu : aucun rapport sexuel avec un bouquin, un jeu de mot facile, j’en conviens).

Un jour, donc, Idée du Désir m’a demandé si je voulais tester cet objet. J’ai hésité parce que je n’aime pas faire de la promotion commerciale, ce n’est pas ma ligne éditoriale (mouhaha, une ligne éditoriale, la chose que je suis incapable de tenir). Après moult hésitations, j’ai dit oui à Idée du désir, et je ne l’ai jamais regretté, jamais. C’est mon meilleur ami. Ce n’est pas du tout dans mes habitudes de faire de la pub (je me répète), mais là c’est différent : Il FAUT que vous connaissiez cette tuerie ! Ce sextoy en bois est recouvert de multiples couches de vernis alimentaire qui le rend super safe. Chaque Orchidée est numéroté. Ma première réaction fut (je vous résume) : «du bois dans mon vagin ? ça ne va pas la tête !». Quand je le montre, une expression dubitative se dessine sur les visages. On m’a même dit qu’il ressemblait à un os de dinosaure. C’est dire la perplexité qu’il suscite ! Perso, la première fois que je l’ai pris en main, sans oser l’essayer (c’était un des tous premiers modèles sortis), je fus surprise par sa légèreté et sa douceur. D’autre part, j’aime les matières naturelles. Le silicone ne m’excite pas du tout, mais alors pas du tout. Puis, il y eût le premier essai (clique sur le lien) très très concluant !

Depuis, donc, l’Orchidée est mon compagnon de voyage. Avec le temps, je l’ai apprivoisé. D’ailleurs, je pense qu’il nous (les femmes) permet de prendre conscience de la richesse de notre vagin. Nous appréhendons souvent si mal cette partie de notre corps. Maintenant que je le connais bien, je ne permets plus à personne de s’en servir sur moi. Je sais parfaitement où le placer pour qu’il me procure le plus grand bien. Sa poignée est si bien faite qu’on dirait le prolongement de nos doigts. Les «structures» en bois sollicitent toutes les parties du vagin en même temps. C’est whaouu ! La forme recourbée permet de toucher le point G (ou les endroits qui font du bien là dedans; je ne suis pas bien sûre que la théorie du point G soit exacte). Et cette sensation d’être emplie est formidable ! Sérieux (et déso), les hommes ne peuvent pas faire aussi bien ! (Lâcher les pierres de lapidation et faîtes plutôt de la pierre sèche.)

Voici comment je l’utilise. Je caresse le clito dans un premier temps avec l’Orchidée. C’est un objet si doux que c’est du bonheur et même de la tendresse à se donner à soi-même. Puis, j’approche la tête de l’Orchidée à l’entrée du vagin. Je caresse. J’appuie tout légèrement et saisis l’objet avec mon vagin. Si si, je vous assure au bout de quelques utilisations, en prenant soin de «sentir» ce qui se passe, vous allez découvrir les pouvoirs extraordinaires de votre vagin (tiens je cause comme un article à clic). Quand l’Orchidée est à l’intérieur, le mieux, pour moi, c’est encore de le faire bouger doucement avec de tous petits mouvements circulaires de gauche à droite. Et là, je ne peux plus parler…

Pour le faire ressortir, je prends le temps. Je fais deux mouvements simultanés : je tire sur la poignée avec fermeté et douceur ; et, avec mon vagin j’accompagne l’expulsion de l’objet (pas désagréable du tout comme effet spécial <3). Même ce moment-là, j’adore ! Ce sont des sensations extraordinaires dans le sens qui sortent de l’ordinaire. A rincer à l’eau claire et au savon. Tout simplement. Dit ainsi, j’avoue ça à l’air super technique mais c’est que je tente de vous décrire avec précision les perceptions que donnent mon mon jouet préféré ( c’est mon anneau, mon précieux, ma péninsule).  Lancez-vous tout simplement ! Et recommencez ! Enfin, et c’est mon côté militant qui parle, savoir que cet objet est fabriqué en France par un artisan, augmente mon plaisir cérébral. Et, cerise sur la jouissance, on est jamais à cours de piles !

Pourquoi est-ce que je parle à nouveau de ce précieux ? C’est que je suis tellement heureuse du cadeau que m’a fait Idée du Désir (qui dit test dit produit offert par l’entreprise, ne l’oublions pas),  que j’y prends tellement de plaisir que j’en suis devenue une représentante hors paire (de couilles en or ?) et gratuite. Je me balade partout avec, et je le fait découvrir à tous, car tous peuvent y prendre du plaisir. Oui tous, et pas seulement toutes, car là est le vif du sujet (tous les chemins mènent au vif de Rome). Cet objet conçu au départ pour un plaisir vaginal féminin peut servir à un homme (au plaisir prostatique, donc. Ou faire plus simple encore, c’est un objet magique pour faire jouir un homme par le cul (parfois il faut savoir faire simple et cru)). Pour vous expliquer tout cela, il va falloir que je passe par quelques dédales de vie intime. Mais n’est-ce pas pour cela que vous me lisez ?

Tout ceci a commencé par l’apparition d’un femme magnifique, vêtue d’une jupe de cuir et d’un boa noir. La bascule (dans ce genre de soirée, il y a un moment où tout bascule, mais c’est un tempo assez imprévisible) s’est faite, quand elle et son homme ont respirés avec délice les chaussures de cuir d’une autre très jolie femme, au look de bibliothécaire (c’est très subjectif le look bibliothécaire. Pour moi, il comprend un air sage, une robe bleue à fleurs et col claudine, des lunettes et de jolis seins). Un pas de plus fut franchi, lorsque l’homme se mit à lécher avec avidité mon bracelet en cuir noir (acheté sur une reconstitution médiévale, où les artisans exposent bien souvent des martinets au milieu de bourses en cuir rouges et ocres). Quelques instants plus tard, il nous liait, lui et moi, par des pinces à sein sévères, sous l’œil ravi de sa belle à la jupe retroussée. Je sais que tout ceci parait bien loin de l’Orchidée, mais ces détours sont nécessaires à la compréhension ce qui est advenu ce jour-là.

Je ne saurais vous redire avec exactitude comment la belle et moi, nous nous avons décidé d’essayer, de manière simultané, deux objets en bois de chez Idée du Désir. Je pense lui avoir vanter mon Orchidée, après qu’une autre participante avait vanté son Adam. En tout état de cause, nous voilà résolue à faire un test comparatif entre les deux objets, allongées sur le tapis, un long bambou accroché au-dessus de nos têtes (cette dernière précision est inutile au récit. Elle n’est là que pour vous faire fantasmer, un peu plus encore). Je me souviens que quelqu’un est arrivé, a demandé ce que nous faisions. Ce à quoi, j’ai répondu que nous étions en pleine réunion tupperware. Comme je le prévoyais, c’est l’Orchidée structurée qui remporta le battle haut la main (je devrais dire bas la main, car mon sexe est plus bas que mes seins mais plus haut que mes pieds, même allongée sur le dos. En levrette, évidement, ceci n’est plus valable).

L’homme, sanglé dans un harnais de cuir, était bien intrigué. Il saisit alors l’Orchidée, vaillant aventurier (je crois que cette comparaison ne lui plairait pas du tout. En effet, quand je lui ai demandé d’ouvrir une bouteille de champagne, il a râlé sur cette répartition genrée des tâches) et il en conclut qu’en anal, cet objet devait être pas mal (wha la rime). La forme recourbée devait stimuler la prostate, selon ses dires. C’est à ce moment précis du récit (allitération), que toutes les digressions précédentes prennent leur sens. Elles précisent que cet homme fait des expériences sexuelles «hors du commun», et pour être un peu plus clair, c’est un BDSMien switch, convaincu et très pratiquant. Il demande à sa compagne (la belle femme dont le boa s’est fait la malle à l’heure qu’il est, laissant libre ses seins émouvants -c’est bien ça «sein émouvant», ça fait cul mais littéraire) de lui faire tester l’Orchidée. Ce fut un spectacle splendide (si je redis émouvant, ça fait répétition, et les répétions c’est le mal absolu, l’instituteur de mon fils l’a bien redis lors de la réunion de classe. (Tu noteras, lecteur assidu, que c’est la première fois que je mentionne un quart de demi truc sur ma vie perso. Est-ce un tournant de ce blog ? On est en droit de s’interroger)).

Je vis l’Orchidée s’enfoncer comme dans du beurre (hop un clin d’œil cinématographique). Je vis cet homme partir dans un trip sans fin. Il frémissait comme une femelle sur une branche (hop un lien avec le livre, et hop un soupçon de poésie). Il chantait comme un bienheureux auprès du Père éternel (hop un lien avec la Bible, pour étaler ma confiture). Je demandais alors, si je pouvais à mon tour faire bouger l’objet magique. Elle, la succube (hop un lien avec un blog copain, mais on ne parle pas de la même succube. Et dans cette phrase, il y a encore un lien que tu ne peux pas comprendre. Mais, aujourd’hui, contrairement à mes autres billets, je te signale le sub – mot compréhensible par les assidus de twitter des anciens temps ) m’accorde avec générosité ce droit. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’elle me prête son homme, mais ceci est une autre histoire. Je tourne donc, l’Orchidée dans ces entrailles ravies et accueillantes, toujours aussi ébahie que la tête du sextoy y soit entré. Quand l’homme demanda grâce, que sa compagne la lui accorda, il expliqua que la jouissance est grandiose mais semble sans fin. Évidemment, l’orgasme de l’anus est un peu plus long à arriver mais quand il se fait, c’est un déferlement surpuissant. L’homme en a conclu que le jouet allait rapidement compléter leur panoplie qui, je suppose, doit être assez conséquente.

Sur ce, je retourne à la lecture de Petite Femelle, maintenant que j’ai accepté de me laisser porter par les digressions innombrables de l’auteur. Tiens, en lisant, j’ai même appris un truc essentiel, une norme redoutable qui avait échappé à mon éducation hors sol : le sens du tour de langue dans la bouche. Je ne savais même pas qu’il pouvait exister un sens (je me laisse guider par l’instant et les sensations).  Il parait que, je cite Philippe Jeanada : «les filles tournent toujours dans le sens des aiguilles d’une montre et les garçons dans le sens contraire. Les deux premières questions qui se posent sont : pourquoi ? et : où a-t-on appris ça ?  [mais oui !!!! (ça c’est une digression à moi)]). Ensuite vient un sentiment d’injustice : il est beaucoup plus simple (un mécanisme ancré dans le cerveau, certainement) de tourner la langue dans le sens contraire des aiguilles d’une montre que l’inverse. (Mettez un stylo dans la bouche et essayez : dans le sens des aiguilles d’une montre, on a l’impression de devoir se tordre la mâchoire, voire incliner la tête).  Mais pourquoi les femmes, qui ont lutté pour le port du pantalon, la pilule et l’avortement, qui ont obtenu le doit de vote et brûlé leur soutiens gorge, n’ont-elles jamais osé se dresser contre cette convention arbitraire de la langue dans la bouche, honteusement en faveur des hommes ? Encore trop timorées ? L’égalité n’est pas pour demain) ». Je ne sais pas vous, mais perso je ne fais jamais cela (d’autant que lors d’une fellation, si le sexe n’est pas trop gros, je tourne ma langue autour de la verge dans le sens des aiguilles d’une montre. Je viens de ressayer avec mon pouce pour vérifier). Pour info, Petite Femelle ne traite pas du tout de l’art du baiser.

PS: Vous avez brûlé vos soutifs, vous ?

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Illustration : Nicolas Granger-Taylor


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