Opale 5


Mais comme tu es parti, je vais faire repousser ma chatte. Il y aura des poils partout entre les dents des autres. Même entre leurs côtes, je faufilerai mes poils. J’en mettrais plein les draps blancs, des poils noirs comme s’il en jaillissait de mes flans abandonnés. Partout, bordel !

Entres mes cuisses, l’insolente toison dépasse même de la culotte, conquiert mes cuisses, poil par poil, noir sur ma peau trop blanche comme une opaline fragile. Dans ton cul, l’opale. Adieu, et vive les poils, écrirai-je sur mon fronton avant que le blanc de mes cheveux deviennent une auréole décrépie.

Je loverai mes vergetures entre les cuisses des femmes fermes qui n’ont pas fait la folie des enfants. Je lécherai les cons souples qui ont choisi un seul ou un peu de maternité, par trop. Pas folles les tailles de guêpes. Moi je suis tombée dans l’armée des fourmis un jour de grand vent. Peut-être que la cigogne avait un coup dans l’aile. Il faudrait arrêter de les laisser sobres, ces bestioles. Elles font des erreurs d’aiguillage, noyées dans leurs croyances.

Je vais renfiler mes poils. Je leur mettrai des barrettes de couleur les jours où je voudrai faire la fille. Je les parfumerai à l’herbe les jours où je voudrai être envolée. Tu te souviendras de la femme lisse mais c’est la sauvage qui aura repris ta place vide. Je frotterai mes poils contre la cuisse de l’étranger. Et contre celle de la femme parfaite, celle qui se soumet.

***

Illustration : rheashirudo


Si tu as envie d'écrire, j'aurais plaisir à te lire

5 commentaires sur “Opale