On se dit tout – La littérature érotique 3


Sur la route qui me ramène du travail, la radio parle soudain d’un grand-père qui écrivait des nouvelles érotiques. Intriguée, je reste sur cette station où une auteur de new romance parle de sa manière de suggérer la sexualité  à l’aide de longues descriptions qui prennent le temps, « du cou aux genoux » ajoute l’animatrice. Un peu à l’inverse de ce que je fais, me dis-je. Puis, l’animatrice invite les auditeurs à participer. Et si, je pouvais lire mes mots à l’antenne ? Non. En parler au moins. Et là, je n’ai qu’une hâte, franchir le seuil de chez moi, avaler un bout de camembert (oui le fromage c’est la vie) et appeler France Bleu enfermée dans mon bureau. Pour la première fois de ma vie, je tente ma chance à ce genre de contributions. La seule chose dont je suis sûre, c’est que mon écriture est particulière. En attendant que le standard décroche, je me sens bien incapable de qualifier les mots qui me viennent depuis quelques années. Mais déjà, à mon grand étonnement, une dame me parle. J’entends derrière une sorte de ruche qui bourdonne. Je bégaye que j’écris un blog de littérature érotique avec un peu de poésie dedans. Elle demande mon prénom, ma région, le nom du blog et me dit qu’ils rappelleront peut-être, en numéro masqué précise-t-elle. J’essaye d’avoir le ton le plus assuré et tranquille possible malgré le tract.

C’est alors que je comprends mon erreur : je suis me consignée à côté du téléphone après une longue journée de boulot. Tant pis. Les écouteurs dans les oreilles, j’écoute l’émission dont je trouve enfin le nom grâce à l’écoute en direct sur le net : « On se dit tout- La littérature érotique ». Oups, le téléphone sonne, et un homme au ton enjoué me dit que je vais passer à l’antenne dans quelques minutes. Le son de la ruche revient. Il contraste avec le calme infime de mon bureau. Le type du téléphone me pose quelques questions qui ont l’intérêt de faire baisser mon trac. Ils connaissent leur métier, me dis-je. En effet, tout va très vite mais sans qu’on entende de précipitation dans les voix.

– Vous passez à l’antenne après la musique, pas de micro, pas de radio allumée

– Le PC, ça ne pose pas de problème ?

– Ah non, vous pouvez même écrire de l’érotisme pendant que vous me parlez

– ah euh non, je ne pourrais pas

– parfois on est multitâches

– ah bah pas moi

(je ne savais pas encore que c’était le premier cliché féminin que j’entendrais)

Puis, l’émission est en direct dans le téléphone. Tiens, ils passent « Partenaire particulier ». Cette chanson est lié à un souvenir bien précis. Un bois en été, une colo, une chaleur à chercher de l’ombre sous les feuilles, adolescence, je chante,  le tube qui est sur toutes les lèvres : « partenaire particulier ». Je me croyais seule dans ma bulle. Une voix interrompt ce moment de grâce avec un « mais tu sais au moins ce que ça veut dire TOI [sous-entendu, toi la coincée] ? ». Je restais en silence sans pouvoir avouer que non, en effet je ne connais pas sens exact des paroles. Et, là dans quelques secondes , je vais parler d’érotisme à la radio. La vie est amusante.

– L’animatrice va faire quelque chose qu’on ne fait jamais, spécialement pour vous, me dit alors l’homme.

Me voilà prévenue de… je ne sais quoi.

Chatte je suis, chatte je reste monsieur. C’est ma nature. Contre votre sexe, je ronronne. Passez votre main dans mes cheveux, et vous me verrez m’allonger de plaisir.  Bonjour Marie.

Mieux que je ne pouvais l’espérer quelques uns de mes mots furent énoncés de vive voix. Whaaaou.

La suite dans l’extrait ci-dessous :

Vous pouvez retrouver la totalité de l’émission ici : On se dit tout – La littérature érotique

A la fin, hors antenne comme on dit, j’ai remercié l’homme du téléphone pour sa capacité à mettre à l’aise les personnes avant de parler dans le poste.


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