Mystères et boules d’homme 13


Les portes de l’ascenseur s’ouvrent. Trois étages où mon cœur monte de l’appréhension excitante à la tétanie encombrante. Le ventre pincé, le cœur serré, les sens en éveil, je suis embarrassée de ces  sacs et de ces émotions.
Les portes s’ouvrent et pour la première fois, je vous aperçois. Petit, un grand sourire aux lèvres. La vie coquine de vos yeux perce, enfin. 


Les portes s’ouvrent, les regards se croisent, mes yeux fuient et je maudis ma timidité. Un œil tombe sur vos tongs. Vous ne pouviez savoir combien les chaussures se font, à mes yeux, objet de séduction. Ou pas. Je voudrais rejouer la scène, tourner à nouveau cette découverte et planter mes yeux envoutants dans les vôtres. Comme si j’avais raté un virage. 


La porte de la chambre s’ouvre sous l’impulsion de vos mains. J’entre. Je me débarrasse de ces encombrants sacs, voulant choir avec eux ma timidité. C’est étrange. Absolument pas pudique, absolument timide. 

Nos bouches s’ouvrent. Paradoxe de cette première approche. Elle mène vers un baiser à coup sûr. Elle mène vers un inconnu dont je ne sais si le coup est sûr.
Nos langues apprennent à se connaitre, échangeant les banalités des rencontres. Quel coin de ta bouche habites-tu ? Aimes-tu tourner à droite ou à gauche ? Ton activité préférée ? Douceur ou ardeur ?

La porte de mes fesses s’ouvre sous l’impulsion de tes mains siliconées. Elle s’entrouvre à ton sexe éveillé par tes mains, mes mains, ma bouche. Quel plaisir de jouer avec ton sexe. Ma bouche l’englobait en alerte de tes signaux. Je montais, descendais, cherchais, aspirais, tâtonnais, dégustais ton goût de bière. Toi, tu baisais ma bouche comme on baise une chatte. Ton plaisir s’exprimait en mots, en appels, en gémissements, en indications. Jouissif. Peu à peu ma bouche se formait, se taillait, s’ajustait à ta sensibilité tout au plaisir de la conquête. Peu à peu, mes oreilles se complaisaient de tes sonorités excitantes. Quel plaisir d’entendre un homme s’exprimer.
J’aimerais tant enlacer de mes mains, onglées rouge abricot, tes boules d’homme. J’aime les caresser d’une tendresse excitante. Tu n’aimes pas cela. Mystère de chaque corps.

 

La porte de mes fesses, donc, s’ouvre à ton doigt. D’autres sollicitent mon intimité déjà humide par ta langue. Dehors, dedans, dessus, dessous, derrière, devant. Tu es un connaisseur de la gente féminine et je me sens prise dans tous mes sens et dans tous les sens.

La porte de mes fesses s’ouvre à ton gland. Instinctivement.
En première rencontre de nos corps. Comme s’ils s’appelaient à notre insu. Sans passer par la case chatte. En toute simplicité. Alors même qu’à d’autres, j’ai refusé la caresse à la rondelle.  Mystère. 
Sensation prenante et persistante. Je te sens entrer et sortir. Je sens le plaisir se diffuser au plus profond de ma chair. Je frappe mon plaisir. Je hurle mon animalité jouissive. Mouillée, rincée, tremblée, écroulée de plaisir. J’ai la bouche sèche et avide de quelque chose à me mettre sous la langue. J’avais l’envie, là, tout de suite, dans le même temps, d’avoir une queue à suçoter. C’est étrange, cette nouvelle envie. Mystère encore.
 

La porte de la salle de bain se referme sur toi. Je me plante devant le miroir de la chambre. Oui, effectivement, mes fesses et le haut des cuisses sont honorés de belles traces de doigts. Ça doit être ça, les claquements secs et drus entendu dans mon dos, alors que j’avais les fesses en liesses. Tes coups sont surs.

Quelques tressaillements et gémissements, plus tard, nos esprits s’ouvriront l’un à l’autre. Nus sur le lit, tu te laisses porter par mes mains savourant ton corps. J’ai la sensation que tu retiens les tiennes. Comme si je n’ai pas su percer ton mystère.


Les portes de l’ascenseur s’ouvrent, une dernière fois. Nous y sommes deux. C’était une première fois active. Une première fois au goût de sexe et de profondeur. Une première fois au goût d’inachevé. Une première fois dont j’ai le sentiment de n’avoir exploré qu’une infime partie de nos possibilités. Une première fois ? Je n’en sais rien à près tout. Première ou juste une fois ? Qu’en sais-je ? Mystère de l’avenir.


La porte de l’hôtel s’ouvre. La chaleur de la rue nous happe. Nos curiosités respectives sont éclaircies, et, nous pouvons mettre un sexe sur nos noms. Nous dégusterons une glace à l’abricot fait-maison-c’est-écrit-en-gros. Tu m’offres un dernier délice de bouche, revigorant. Promenade amicale, discutant lieux libertins et libertés acquises. Chacun, avec son air sage de touristes respectables, s’arrêtera devant ses centres d’intérêt : une librairie de livres anciens, une déco année 50, le diplôme du champion du monde pâté en croute, le menu d’un restaurant… 

Les portières de voiture se ferment. Consultation des téléphones. Retour en famille respective.
Je me suis couchée trop tôt ce soir là, j’ai raté une de tes envies smsétiques.
La vie ne rejoue pas.
La vie est un mystère.

Et, pourtant, je veux rejouer avec vous. Encore.

Photo authentique fournie par le coquin dans les deux sens

 Je veux rejouer avec vous. Pour voir vos Berluti ;)


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