Missionaire mon amour 5


Missionnaire mon amour. Sous ta peau, je suis. L’amour est missionnaire, tes paroles à mes oreilles retentissent en cris de joie quand mon corps exulte. Tu me prends la tête. Tu comprends ? Tu me prends la tête et le con. Ou le con et la tête. Missionnaire mon amour n’abandonne pas la partie, prends les deux ou ne prends rien.

Le missionnaire, mon amour, c’est un présent sans faille. C’est quand sont épuisés les beuveries des chairs, et les assauts des combats. C’est quand les corps, repus de sexe, veulent l’amour des complices indus. Alors, ta peau sous ma paume s’irise des passions fragiles, ton sexe à sa place trouve sa moitié d’amour, et ton souffle sur mon cou érige les émois. Le missionnaire, mon amour, c’est une position où ma peau à la tienne s’incorpore.
Là, je pourrais t’avaler par tous les pores de ma peau s’ils étaient assez larges pour contenir ton au-delà. Je pourrais me fondre dans tes lèvres parce que tu serais mon oxygène enivrant. La tête lancée en arrière du lit, mes yeux dans le vague du présent, je goute chaque millimètre de ton âme quand tu pénètres mon intime. Quand mes yeux aux vôtres se fixent, je vois vos larmes ébahis de la concordance de nos sens. Je me liquéfie sous vos amours, je liquéfie le missionnaire dans l’océan pacifié.
Mon amour, le missionnaire ne sait plus écrire les longues phrases simples aux propositions relatives qui explicitaient les madeleines d’antan. Les madeleines sont devenues l’eau des paupières, le fleuve des entrelacs, et les grammaires abruptes qui dégringolent en cascades de râles projetés. Entre nous, invitons le missionnaire, celui qui, revenu des salons arborés, et passé au bureau des douaires, saura  fondre nos cœurs en eaux exultantes. Tu ne comprends rien, mes mots ne savent dire que le sexe déraisonnable et la vie sans dessous. Il faudrait calmer le fleuve impétueux des mots denses ou le ru se fera tourbillons indigestes de bonheurs saccadés

Ma peau contre ta peau, ton souffle à mon cou, tes cuisses entres les miennes, tes bras tendus pour ne pas m’écraser, tes tétons contre les miens, mes cuisses ouvertes, mes mains sur ton dos, griffures célestes ou caresses douces, mon cerveau est en toi.

Missionnaire mon amour, prends ma main afin que nous nous évadions dans des espaces où le temps pend la forme de nos fusions. Parle-moi des lumières du Bosphore, parle-moi des ailleurs, des autres et des absents, de toi, de ton amour ici, parle sans t’arrêter, parle et ma cervelle accroche ton sillon. Tais-toi, offres-toi dans ce silence où je suis tout à toi. Donne ton présent à mon doigt inquisiteur, laisse tes ébranlements perdent ton cortex, souffle et respire chaque parcelle de soie. Jouis.

***

Illustration : Jack Vettriano


Si tu as envie d'écrire, j'aurais plaisir à te lire

5 commentaires sur “Missionaire mon amour