Miscellanées


Tête sur bambou, le regard passe au travers la drogue rouge. Là-bas, une autre fille sourit, la tête contre le bambou en lamelles plates. Ses seins pendent, poires d’automne suspendues au crochet de métal. La maison est bourgeoise mais sans viking. La contrainte sent les huiles essentielles et la crème pour les fesses de bébé. Le rouge est unique. Instants flottants. Les mains contre la joue, je suis là. Il sent bon, ici.

***

Sauvage après la peinture flamande, entre nos sexes se glissent le ciel. Les toits gémissent. Le métal prend la pose et les mains s’agrippent. Les baisers se faufilent entre la gorge et les sous-pente. Une morsure.

***

Le soir revient avec votre image devant la porte cochère. Vos sensations sont au fond de ma peau. Le fantôme de vos baisers. Dans le lit qui n’est plus tout à fait le même, les draps ont changés, il revient vous en filigrane du jour. J’avais oublié les images dansantes de l’après.

***

Votre cul, nu, au bijou, j’aime le contraste d’avec l’homme du banc, la cravate dans la poche. Enfin, peut-être je ne me souviens plus. J’aime la vue. Elle est belle de profil et de face (enfin de cul) mais je ne vois pas la mer. Un jour, j’aurais la chance de poser mon doigt sur votre prostate. J’espère. Mais tant que nous n’avons pas mélangé nos poils, point de piqure de jalousie au creux du canapé.

***

Je n’aurais pas dû coucher à vous, nous serions encore amis. Vous accepteriez encore de faire tourner vos cordes autour de mes poignets. Toi et toi, je n’ose plus te demander car je crains que tu pense que je veux faire du forcing alors que non en fait je veux vos cordes autour de mes seins, votre sueur le long de mon coup votre corps contre le mien tes doigts dedans et toi qui pincent. Je n’aurais dû aimer avec vous. Ou plutôt vous laisser m’aimer. Trop tard, je vous ai perdu, toi et tes cordes et toi aussi et tes cordes.

***

Il était un homme, et un missionnaire. L’homme était au travail, tendre plutôt, une buche entre les jambes. L’homme voulait que la belle jouisse. Il mettait du cœur à l’ouvrage, il se donnait du mal. Je sais, disait-il, tu jouis mieux avec dame levrette. Mais la belle était un artichaut moelleux et sans cesse son esprit revenait au château précédent où l’amour était galant. L’homme n’était pas un mort de faim de grand chemin, un peu sot parfois comme avait dit la gente dame rousse. Mais la belle était un artichaut sans paille blonde et douce.

***

Fusion de lave chaude. Les corps s’appellent sans digue. Perdons-nous où le présent est pour toujours. Les barrières sont tombées, la peau même s’évanouit. Le cœur des sexes se confondent, se défont, reviennent chez eux.

***

J’ai mal au genou, le gauche. Est-ce les levrettes endiablées de la matinée ? Est-ce les barreaux du lit ? Est-ce que tu ne veux pas savoir à quoi servira le poteau ? Est-ce que tu es jaloux ? Un peu ? J’aime bien un peu. Ce n’est pas raisonnable. Est-ce bien raisonnable le sexe ? Et le tien de sexe dans le mien ? Mouiller c’est le jeu. Jouir aussi.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *