Liane Diane 2


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Sur la pointe du pied, la liane murmure. Et mon téton, direct entre deux longes, s’écrase face à elle. Ici ce n’est pas le piquet de la chèvre. Ici, ce n’est pas l’homme qui m’attache, reste sage à ta place, sans argent mais avec mon admiration. Je ne veux pas être un idéal. Je voudrais être. Je veux aller voir le loup sur la colline ou chez mère-grand. Mais les chèvres libres se font manger, la nuit, malgré le combat, on l’a apprend par cœur. Je me débats face au loup, je laisse les lianes me contenir. Combien de temps dure la bataille ?

Sous le coton noir, seul cache, elle entreprend dessus dessous, douce. Elle serpente entre le tissu et la peau. Je frémis. Quelques poils en émois, je voudrai son aile. Elle pourrait tout, juste ses seins contre les miens. Son corps je voudrais le caresser, le serrer entre mes bras. Mais mes mains, bras dessus dessous comme cochons, mes doigts ne sont pas engourdis, mes doigts ne sont plus à moi. Profiter de chaque parcelle d’elle. Prendre tout ce qu’elle donne. Tout, droite, immobile, tige aux jambes endormies, sarment contraint, tuteur sans concession.

La longue liane posée dans la cuisine, emmitouflée de laine beige, discute entre la poire et l’herbe. L’homme a proposé un voyage à une autre, et alunie sur le plan de travail, j’ai demandé à la liane de prendre mon pied. Elle a dit oui. Elle assure un mousqueton pour grimper aux buttes verticales. Je sais que le chemin sera raide. Je m’encorde à ses énergies, je ferme les yeux pour la suivre où qu’elle ira. Mais le corps résiste parfois au-delà des volontés. Sans cesse, il faut revenir au présent.

Sur la pointe du pied, danseuse immobile, j’ouvre les yeux sur un monde étrange. Des chairs blanches s’immobilisent en un présent mouvant. Les énergies tournent franches et rudes. Les rails marquent le tempo. Chaque voyageuse a pris une destination inconnue, abrupte. Et sur les chaises d’osier soupirent les peaux habillées.

Soudain le monde est un son flou. Je lutte pour ne pas m’évanouir sans crainte. La délivrance arrive en son temps. Contre sa poitrine, je love malaises et aises. De chaud. Puis les mots reviennent.


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