Les hommes que j’aime 29



Les hommes que j’aime, maman, sont aventuriers, poètes, prodiges souvent,
Les hommes que j’aime, déconcertant, tracent leurs rêves d’une parcelle d’amour,
Ils chantent leur vie, un accent de folie sauvage entre les dents. Ils rêvent plus loin que les frontières du réel. Ils boivent chaque part de ciel et de fiel.

Les hommes que j’aime, maman, me donnent le meilleur du temps,
Les hommes que j’aime, baisant de tendresse écervelée, reviennent des cieux,
Ils courent la vie plus vite que les lits. Ils s’affalent dans la soie et mangent le pain rassis des départs enfouis. Ils sautent dans la boue gluante et virevoltent dans l’apesanteur.

Les hommes que j’aime, maman, sont des salauds amoureux, des attentionnés illimités,
Les hommes que j’aime, amants, fuient la banalité, et la colle, et la douceur mordante,
Ils arrachent l’intense à la vie. Ils sont des fous assis à table d’un bistrot. Ils tombent amoureux de la transsexuelle et de la bonne du curée. Ils sautent toutes les couches de la guethouse et offrent un restau à la pute.

Les hommes que j’aime, maman, s’appellent Rimbaud et Miller, s’appellent Jean et Frans, s’appellent Hubert et Felix, s’appellent à n’en plus finir. Silence à l’écho fracassant. Les hommes que j’aime épuisant, dingues à en mourir, ensorcelant. Ils ne me voient pas pleurer leurs silences entre le mur et la baignoire. Je ne les vois pas pleurer entre un café et un oreiller solitaire. Ils pleurent dans le secret de l’avion. Ils pleurent dans la cabine du mort. Ils pleurent en faisant l’amour, sont malades de vie et rient du bonheur.

Les hommes que j’aime, maman, sont sûrs d’eux à l’égo de dieu,
Les hommes que j’aime, doutant tout le temps, mettent en branle l’univers,
Ils lâchent la vie pour mieux la retenir. Ils pulsent dans l’air les tourbillons de leurs envies. Ils sont mâles et femelles quand le corps les prend. Ils sont maître de l’attention et te prennent au milieu du salon sans façon.

Les hommes que j’aime tant colorent la vie de sauts
Les hommes que j’aime bondissant de vie, alter ego d’un temps
Ils déclament les poèmes, un doigt dans l’au-delà interdit. Ils écrivent les mots des rois et les cochonneries de la terre des sylphes.

Une fois n’est pas coutume : musique

 


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