L’eau pour le café 1


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J’ai couru dans la rue, j’ai couru sur les quais, j’ai couru dans l’autre sens, j’ai chaud. Trop chaud. Mon t-shirt colle à la peau. Je m’assois dans ta cuisine, j’ai trop chaud, j’enlève mon pantalon et mon t-shirt. Le stress, l’adrénaline, la fatigue, mes jambes tremblent. Tu poses un coussin sous mes fesses, tu poses ta langue sur mes lèvres. Je te demande si le coussin ne craint rien, quand j’y pose mes fesses libres.

Nous avions vu la fille nue qui se levait pour prendre un café. Nous nous étions tus, je regardais et tu avais dit les mots de l’apparition matinale. Nue, sans atour, sans détour, sans queue blanche.

Nous avons bu des litres de café moulu et manger le caramel des veilles animées. Nous avons causer des rayures de l’âme. J’ai grimpé sur l’accoudoir du canapé pour regarder la ruelle à travers la petite fenêtre entrouverte. En bas, loin, deux chaises de jardin dans une cours, des rideaux de fer fermés et la lumière du matin qui caressait l’avenue.

Tu approches deux chaises pliantes noires, pour que j’y pose mes pieds. Mes cuisses se détendent. Je tire le cou en arrière, mes cheveux touchent le large rebord de la fenêtre. Elle est à mes côtés avec ses seins de bakélite. Ta langue. Tes doigts sont aussi dedans, aussi partout. La fatigue, le stress, la frustration, ta langue, ses seins, la course, la fraicheur de la rue, la chaleur de la cuisine, tes doigts, j’oublie tout. L’eau coule sur le carrelage, je me suis enfuie au-dessus des mondes. Quand je reviens, elle sourit.

Le téléphone sonne, je réponds tandis que j’halète encore. Oui je t’expliquerai, oui j’ai raté le train, oui je t’expliquerai tout à l’heure, là je suis un peu perdue, baisers mon cœur. Tu ris.


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Commentaire sur “L’eau pour le café

  • Paul Auster

    Je passe à point nommé dirait on… :-))

    J’aime vous imaginer la bas, pantelante, entre rage, frustration, puis plaisir inattendu et perspective tremblante parcequ’encore incertaine d’un beau voyages dans les collines ensoleillées … Tandis qu’on parcours les vôtres et vos vallées avec doigté.

    Une heure de train ça fait du bien pour respirer…