Le réveil de la bête 8


femme nue à la fenêtre

Le réveil de la bête. C’était un soir à l’heure des cours du soir. C’était mon ami. C’est toujours mon ami. Il sentait le sexe mais je ne savais pas que c’était ça. Il me parlait à l’oreille, parce qu’il parle avec tout le monde à l’oreille. Surtout en cours, même si ce sont les cours du soir pour les adultes. Je me mettais toujours à côté de lui. Les autres me laissaient cette place. Toujours. Nous covoiturions depuis un moment. On racontait nos vies. C’est mon ami.

A cette heure-là, au cours du soir à l’heure d’hiver, la nuit est tombée par la fenêtre, il fait chaud dedans la salle de classe. A côté de lui, mon ami, l’animal s’est réveillé, il lui fallait du sexe, mais l’animal ne le savait pas encore. A l’oreille est le trouble et la chaleur des corps. La sage avait fait l’amour (mais elle n’aimait pas cette expression). Elle avait fait l’amour comme on fait ses lacets. A un certain âge, il faut savoir faire ses lacets.

L’animal avait vécu, au début, quand il ne portait aucun collier, quand il n’était pas apprivoisé. L’animal jouait dans la chambre du motel, il jouait à switcher mais il ne savait pas que c’était ça. La bête jouait de son cuir animal, qu’un jour, elle a retrouvé dans les mots d’une chanson. Il jouait à la domination sans coup ni férir. Il jouait jusqu’à la corde au cou. L’animal ne savait pas. Il était.

A cette heure d’hiver, dans le chaud de la salle de classe pour adultes, à son corps, à ses phéromones de mâles, l’animal rugit en silence. Il faudra le nourrir, lui donner pitance. Pas avec les amis.

A cette heure d’été, dans la chaleur d’une chambre inconnue, l’animal a joui pour la première fois.


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