Le gros rôle 2


Guiome David

D’un coup, le con s’égaye, cul tendu et mains rudes. D’un coup sans prévenir. D’un coup les doigts apprentis, féminins, branleurs, et s’envole de mains en mains, de majeurs en mineurs, ça vit au fond là-bas. A nouveau, enfin, adieu aussi entre tes mains. La peau cuit un peu. Le cerveau fond. La chaleur dégouline de tes désirs jusqu’au sourire des fesses fermes. Il rit le bonheur entre les rythmes de cœur. Je me suis bouché les oreilles pour ne pas entendre, les fesses au ciel déjà, ne pas entendre que tu demandes. Je ne veux pas savoir. Elles sont deux, joyeuses voyeuses. Et puis s’en va, les petites marionnettes.

Parois prises, ma bouche chante tes bienfaits. Tire-moi les cheveux pour prendre mes lèvres de douceur. La langue danse, petite fille suave. Tire-moi encore un coup. C’est bien plus que cela mon amour. Bien plus. Tire-moi à l’éden de nos ébats en émois. Tire nos souvenirs comme les versants ensoleillés qui produisent le vin tendre.

Il y aura encore mon doigt, et l’emprise. Sous ma bouche ton téton respire, sous ma bouche il transpire, désir. Il souffre, un peu, c’est du jeu. Je te veux en entier à moi, pour toujours, le doigt aux tréfonds. Je te prends tout, et même l’avenir. Libre, fonce vers le fleuve de mes montagnes. Tous les étés, je verrais la source en forme de sein, et je me souviendrais des bonheurs à la taille de ta queue. Oh, oui tu as un grand rôle, un beau et large rôle au cœur de ma vie. Tu es un tropique.

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Illustration : Guiome David


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2 commentaires sur “Le gros rôle