L’art du nu. Exposition


DSC_0244-01

Grâce à un article d’ Emma de Paris Derrière, j’ai découvert une chouette expo photos : «L’Art du Nu» .

Juste avant de pousser la porte du Ballon Rouge, je venais de parcourir une rue aux saveurs de voyage. Au fur et à mesure de mon avancée dans l’étroitesse des entrailles urbaines, j’en comprenais la spécialité. La rue regorge de boutiques de part et d’autres. C’était jour de livraison, et chacun s’affairait à entrer les cartons, à déballer des articles pour en faire la présentation. Des anciennes boutiques, je ne pouvais voir que des vitrines surchargées de sacs, de valises, de parapluie et de pacotilles. Les nouvelles échoppes scintillaient de lumières artificielles qui se reflétaient sur les grosses dorures des gibecières pour dame. La rue vivait. Les marchandes venaient choisir les objets qui attireront leurs clients. Les dames aux boubous colorés cherchaient leur bonheur. Les hommes me laissaient passer sur les trottoirs étroits. La rue entière est un marché de gros et semi-gros, comme c’est répété à l’infini sur les enseignes, de maroquinerie d’importation.

Soudain, au coin d’une rue parallèle, une devanture contraste avec cette ambiance chamarrée. Les lumières sont plus jaunes, presque sépia. Des objets anciens sont disposés avec ordre et selon les contraintes du lieu. Du vintage de luxe, me semble-t-il. Devant la vitrine, un couple âgé controverse sur la place qu’il pourront accorder ou non à une table basse de verre. Personnellement, je trouve les pieds bien trop travaillés, et si j’avais quelques euros en poche, je ne m’encombrerais  pas cet objet. Mais je n’ai ni leur portefeuille, ni leur âge, ni même leur goût. Quelques mètres plus tard, me voilà donc, la main sur la porte de la galerie. Elle est vide, totalement vide de gens. Si je n’écoutais que ma timidité, je rebrousserais chemin.

Les premières photographies ne me font ni chaud ni froid, il me faut d’abord évacuer cette sensation de vide qui m’empêche de goûter aux œuvres. Je ne vous cache, non plus,  qu’en arrivant dans la galerie, j’étais déconcertée par quelques détails comme une poussette dans un couloir, ou des vêtements d’enfant. Je suis très perfectionniste quand il s’agit d’art et de photos.

DSC_0239

Comme me l’indique le propriétaire, je passe dans une petite pièce toute blanche et, enfin, la magie opère. Seules les lignes des corps transpercent le blanc. De grands carrés, trois traits simples, la ligne des seins, les contours d’une cuisse. Le travail de Eric Marrian est poétique et d’une sobriété émouvante. Regardez les photos sur son site, elles sont plus parlantes que les miennes.

DSC_0233

Ma préféré

Eric Marrian

En montant, l’escalier je suis tombé amoureuse de cette fille aux allures androgynes. J’aime les garçonnes, j’aime les regarder. Cela me fascine. Pourtant, je préfère mille fois faire le contact des filles aux corps de violoncelle.

DSC_0235

La fille qui fume au fond, est une photographie  de Martial Lenoir. Je me régalerai de ses photos en consultant son livre posé sur la table. Moins les mises en scène sont compliquées, plus elles sont bruts, plus elles me plaisent. Je suis restée un bon moment dans l’escalier, jusqu’à ce qu’un autre visiteur interrompe ma contemplation.

A l’étage, j’ai été frappée par deux photographies, remettant presque en cause le besoin authenticité mentionné ci-dessus. Ce sont des univers très travaillés, graphiques.

Laffite

Alexandra Laffitte

DSC_0242-01

Avec cette photo, je me suis amusée à jouer à la photographe, incluant des éléments techniques de la galerie et des ombres. Évidement avec un smartphone quelconque, le résultat n’est pas parfait.

Après avoir discuté avec le propriétaire des lieux, j’ai repris ma route dans cette allée animée. De rues en rues, je suis tombée sur des travaux titanesques aux Halles, des agents de sécurité pointilleux, des CRS en tenue et en civil qui bloquaient une avenue pour laisser des monospaces aux vitres teintées. J’ai poussé jusqu’au bord de l’eau, j’ai croisé au sol les traces de résistances. Puis je me suis engouffrée dans le métro pour une partouze textile, où on voisin de barre sent la peau en chaleur.

IMG_20160510_221527

DSC_0247-01

Si tu as envie d'écrire, j'aurais plaisir à te lire