Larges désirs graphiques 4


Alain CUGNENC - Jeux de mains (SEE FULL PROFILE)

Un large tronçon disparait et réparait dans un mouvement hypnotique. Des grosses mains larges agrippent un petit cul qui râle, cambré. La puissance entre, sort, appuie, entre, sort et encore infatigable. Son ventre est ferme et large, ses épaules immenses, un visage massif concentré sur sa prise. Elle a un dos fin, trop fin, toutes ses côtes semblent vouloir s’extraire de sa chair, tandis qu’il pilonne inlassable et incité. Dans un sens, puis dans un autre, puis encore sur le bord, puis plier ainsi et déplier par là. Je me repais de ces gémissements qui m’ont attirés là comme une souris insatiable. Soudain, la puissance transperce mes yeux humides, d’un regard de satisfaction.

Des claquements de main sur un fessier, il faut voir. Dans un tapis humain, je retrouve l’objet de mes désirs auditifs. Que les culs tendus sont beaux, mâles ou femelles sans distinction aucune ! A ma jambe, se présente le plus beau con du monde, le centre de la terre des désirs, les lobes des origines, la puissance des mals. Je n’ose toucher au présent des vies. Je n’ose y fourrer la langue. La chair ferme s’allonge devant un autre con ouvert, de langue, du doigt, des doigts, de la main, et du bras. Ne reste visible qu’un large tronçon de bras, et, des râles heureux, enfouis dans un autre con suspendu.

Là des doigts, ses doigts larges, au fond d’un con serré. Ils bougent, ils remuent, ils cherchent la source. Elle bouge à peine, elle gémit, elle attend la source. Elle laisse son désir descendre, puisqu’il accepte le trésor liquide. D’un coup, la nature se fait généreuse, la nature est fluide comme les flots larges de la mer calme, sur un matelas rouge écarlate. Petit con serré à mes doigts inquisiteurs. Grande marée à ses doigts connaisseurs.

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Illustration : André Cugnenc


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