Langueur d’été 4


aurélie Neyret

Au soleil des soirs, mes seins réchauffent le coton blanc. Au jet du matin, mes seins se dressent sous la douche. Avec application, je passe le jet sur l’un et puis l’autre, puis sur les lèvres en bas. Trois fois rien, bien moins que ton sexe entre mes reins, bien plus que la langueur de l’été en cage douce.

A la lumière douce, le sein s’échauffe, dernière tiédeur avant la nuit froide et glacée. A la lumière dorée, les grillons chantent l’éternelle après-midi qui déjà s’enfuit. Chaque minute mes fesses se décalent d’un cran pour suivre le déclin du soleil, bien plus lentes que sous les coups arides et doux de tes hanches conquérantes.

Allongée, mon étoile se dilate pour les prunes. Mon esprit s’envole. La langueur dit plus jamais et le confort soupire reste encore. Trois décalages, mon corps suit le soleil avant la fin qui fait noire toujours trop vite.

Les cloches de l’angélus soulignent les temps anciens. Le soleil derrière les feuilles s’étire invisible. Le frais s’allonge, les pulls s’enfilent. Et moi aussi je voudrais être enfilée. De partout. Me faire sonner les cloches. Lécher une buche chaude. Laper un verre de lait. Me faire étriller. Meugler. Sauter les fossés. Battre le pavillon. Racler la gorge. Arracher les herbes folles. Descendre les barrières. Enjamber les traits drus de lumière. Taquiner les démons de midi avant d’éteindre ceux de minuit.

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Illustration : Aurélie Neyret


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