Laissez mijoter à eau frémissante.


Un long dos s’écoule jusqu’aux fesses. Des gouttes  dégoulinent de la nuque aux pieds. Il est beau. L’eau perle dans les poils de son fessier. Carrelage noir, douche commune, il ne sait pas encore mon regard. Il est propre. Il se retourne.

Je suis sous l’eau qui me fouette doucement les seins. Je ne fais pas semblant de me laver ni même de reprendre du savon. Je matte sa peau jeune et lisse, sa chair couleur trente ans. L’eau coule sur mon visage et je n’ai cure de mon image. Immobile, je pose mes yeux sur son sexe. Je ne souris pas. Je regarde sans gêne. Je ne bouge pas d’un pouce.

Il reprend du savon, frotte ses cheveux. Il se tourne et se retourne. Il s’agite. Il ne sait plus que faire. Il se débat avec ses envies. Il ne sait s’il doit dire quelque chose, ou faire quelque chose. Il reprend du savon, se tourne et se retourne. Il se débat, poissons pris dans le filet des désirs.

Laissez mijoter à eau frémissante.

Il reprend du savon et frotte tant son bras qu’un génie devrait en sortir d’un instant à l’autre. Il insiste tant que je sais qu’il est content de s’exhiber ainsi.  Un Tatouage voyage de l’aisselle à la hanche. Il me fait de l’effet ce petit con. Mais c’est une pâtisserie de Disney Land avec une couche de sucre glace brillante. Il vaut mieux la laisser en vitrine, le goût est souvent fade. L’eau coule sous des ponts que je ne franchirai pas. Le sexe, très remuant, est un peu trop vert de l’autre côté du carrelage.

 

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