La ronde des jours 2


Dominique Forest

Tout au fond, ton sexe s’insère. Là réside mon âme. Là je ne peux t’accueillir, les larmes coulent, frôlant mes rides naissantes. Et toi tu bandes d’amour. Ton sexe contre ma joue, le sel entre tes cuisses, l’amour dans la mélancolie des jours. Demain n’effacera pas les larmes. Pour consoler mon désespoir, c’est la baise encore qui redonnera sourire à mes jours.

Ronde est la fenêtre de voyeurs, ronde juste la vue sur ses fesses, ses fesses qui sautillent et dansent sous le bruit bien senti. Rouge, tout est rouge par la fenêtre ronde, la lumière et peut-être sa peau. Cerclé de blanc pur, et ses mains attachés par des bracelets de cuir, elle tient les chaines de ses jeux. Les fesses se balancent au rythme des coups, et la douleur de ses ondulations feraient frémir tous les sexes. Il fait humide.

Je voudrais fermer les yeux pour goûter l’instant, je voudrais les ouvrir plus grand encore pour que sa chair marquée s’empreigne dans ma cervelle. C’est un spectacle vivant, vert encore et rouge toujours. Ce fessier qui mont et descend, fuit pour revenir, gémit pour demander encore.

***

Illustration : Dominique Forest 


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2 commentaires sur “La ronde des jours

  • Paul Auster

    J’aimerai partager ce spectacle que l’on sent vous faire vibrer, madame, comme si vous vous transportiez là où se trouve la belle…
    Pensez vous que l’amour se glisse entre les cuisantes rondeurs comme un onguent de douceur apaisant les morsures du cuir? Ou bien est il dans la main qui frappe ou dans les lanières qui rougissent les chairs, comme s’il disait  » je ne sais comment te dire combien je te désires »?
    Que ce plaisir est un mystérieux dédale de l’esprit, que cette jouissance est étonnante et secrète.
    Où est l’Amour…