La Mathilde 17


C’est ton pieu planté. Droit. Encore un peu au fond sans fond. Ça tire, ça cisaille un demi-millimètre de peau, ça tire plus large, fend l’entrée d’une crevasse. Ta peau dans la mienne, dessous en dehors, partout, possède-moi hurlé-je sans bruit. Dis la passion, dis le manque, dis l’ardeur, dis la bestialité. Parle-moi. Sans fin. Je rends les chairs, écroulée sur les draps.

 

Peau cuivrée et cul blanc, tétons pointus, torse large, pieds réguliers, je ne me souviens que de la fusion de ta peau. De tes mots en flots. De tes lèvres larges cochonnes. Tes mains sont si sages d’être souples et sonores sur ma fesse.

Tout autour du lit, tourner les jambes en l’air et avoir les cuisses qui cuisent. Là ton sexe au bord qui rentre et sort et rentre sa danse répétitive. Et moi, je geins.Je soulève le matelas qui n’y peut rien, je résonne entre les murs trop vides. La nourriture dans mon estomac a perdu l’apesanteur, elle tourne comme le lait. Ma main avale ta peau, en douceur, ton torse poilu et blanchi, tes couilles étroites, ton sexe large, je ne me souviens que de la fusion de ta peau et du fondant de tes lèvres.

Prends ta main et pose-la sur mon clito, tourne la manivelle et barbouille le bouton de mouille. Mon vagin coule. Regarde mes cuisses impulsives. Elles s’ouvrent et enserrent ta main sans raison. Elles bondissent de plaisirs joyeux. Mon dos se cabre. Tu as remis les draps frais. Je ne me souviens que de la fission de ta peau enivrante.

C’est ton souvenir, assise sur ma chaise, qui me brûle encore. La peau qui tiraille, la veine qui pétille et toi dont je ne sais que faire entre les lamelles mon cœur. Enfile ma chatte comme un gant galant, et, des perles de vestiges comme un bracelet argenté. Enfile-toi et baise ma bouche. Droit.

***

Illustration : Baise Moi by Virginie Despentes

 


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