La grande maison 2


La maison de pierre dormait encore. J’eus envie. De l’autre côté du palier, je sus qu’ils avaient accomplis le service. Je le sus sans un bruit sans une parole sans savoir le détail des langues et des sexes.

Franchir le palier, caresser le plancher vernis de la pointe des pieds, faire grincer la poignée de la porte, et enfin glisser sous la couette de plume. Nue. J’eus envie. Le sexe de l’homme et le dédale de son bras dormaient encore. Il était chaud comme un pain d’épices. Sa barbe respire l’hiver au sourire d’ange. Sa conversation était sage au fond des bois. La forêt ruisselait de couleurs ambrées. L’eau gazouillait de pierres en pierres, laissant des ombres gelées. La mousse franche se mêlait au lichen, douce et liante. Ils étaient enlacés, vert à vert. Nous avions écrasés des bogues piquantes en froissant des couches de feuilles brunes. Elles crissaient. J’ai crissé sous la pointe du cure-dent qui aplatissait mon téton, lente tendresse. J’ai gémis sous les ongles qui chatouillaient la forêt.

Franchir deux volées de marches, jusqu’à la clenche de la porte rouge. J’eus envie de l’ouvrir de mes doigts. Soulever le morceau de métal, mécanisme ancien bien huilé. Je voudrais dessiner ses petits seins de mes mains. Clac. J’eus envie d’elle. Sous son tshirt, je savais qu’il y avait des petits poids fermes. Faire grincer le plancher. Le bord du lit a ployé sous mon poids. Elle me souriait, la tête au-dessus du drap. Le bord du lit a ployé sous mon poids. Elle a fait glissé le blanc ajouré.

Je suis descendue d’un étage, jusqu’au canapé accueillant. Je tentais de me reposer de ces voyages à corps perdu. Je fermais les yeux, m’enveloppant dans la douceur du petit matin vaporeux, quand la chatte entrepris de me monter dessus. Elle s’installa, chaud pelage, sur mon ventre. Elle se prit à ronronner et mes entrailles frémissaient à son rythme. Ses vibrations pénétraient mes chairs. Je la caressais, elle me léchait les doigts. Nous étions la maison endormie. De temps à autre, elle plantait ses griffes dans mon ventre ou dans le gras des seins. Tel maître, telle chatte. Elle fit demi-tour. Elle cherchait une nouvelle place. Elle descendait, montait, descendait encore. Elle finit par se faufiler entre mes cuisses. Sa langue rapeuse sur ma chatte aussi brune qu’elle est rousse.


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