Je veux t’offrir ton fantasme 4


« Je veux t’offrir ton fantasme »

Je le connais peu mais je sais qu’il aime aussi les hommes. Il me connait peu, mais suffisamment pour connaître mon fantasme de voir deux hommes ensemble. Il préparerait tout avec son complice, il veut être celui qui me donnera ce plaisir, c’est présomptueux de sa part mais il assume. Je lui fais confiance. Ne me demandez pas pourquoi. C’est tout sauf un homme de confiance. Il traine ses fesses partout et baise la première intelligente venue. Il est orgueilleux, gaucher, écrit proprement et possède un humour certain et… incertain. Il baise bien et il est attentionné. J’ai testé. Ne lui dites pas que je vous ai dit tout ça, il est capable de le prendre pour un compliment. Il n’aurait peut-être pas tort.Rendez-vous au New’s Art café, station Pernety. Je te présenterai mon complice, me dit-il. Il parait que c’est un homme charmant. Ce seront, donc, deux hommes polis et propres, charmants et convenables, pas trop timides avec une bonne dose de savoir-faire. [ et voilà, avec cette référence musicale, vous connaissez mon âge). Les équipiers idéaux pour moi, candide provinciale.

J’arrive. Ils sont là tous les deux. Ils ne sont ni beaux ni laids. Bise à l’un et baiser à l’autre. Je ne connais rien du programme, encore moins le complice et si peu la ville. On parle de tout et de rien pour briser la glace. Faire comme si. S’imprégner de la présence de chacun, dessiner les interactions, prendre la mesure des espaces entre nous. Boire un café. Observer les attitudes, ces repères auxquels s’accrocheront les chairs tout à l’heure. Réveiller les désirs au détour d’une lèvre. Le complice pose sa main sur ma cuisse. Ma main caresse la sienne. Nous prenons nos marques. Lui reste un peu en retrait. Il sourit. Je caresse ma jambe à la sienne. Touchers en ricochet. Temps d’apprivoisement. Il pose sa main sur ma cuisse, relevant à peine ma jupe. Je plante mes yeux dans les leurs à tour de rôle. Silence frémissant entre nous. Sentant un regard sur moi, je croise celui d’une jeune femme. Elle sourit mi choquée, mi amusée. Demain devant la machine à café, sa langue aura de quoi régaler ses collègues de bureau. Soudain, il sonne le départ.

 

Ils me laissent entrer. La chambre est belle et étroite. Le tapis est doux, les murs chocolat, le repose-bagage replié dans son coin, les abat-jour transparents, le lit très large. Au mur une photographie jolie et passe-partout. Je me retourne. Ils ont entrepris de s’embrasser, de se caresser. Je suis émue et toute chose. Je les regarde, plantée là debout. Ils s’écartent, ôtent leur chemise, ôtent leurs chaussures, ôtent leur pantalon. On dirait un ballet synchronisé. Les voilà donc en caleçon. À travers le tissu, j’essaye de comparer la tension de leur sexe. Je le toucherais bien, lui que je connais.

Il me réveille de ma salivation niaise. « Va t’asseoir sur le fauteuil ». Je m’assois, donc, parallèlement au lit. Ils reprennent leur ballet, extirpant leurs queues, s’embrassant, se caressant. Se donnent-ils en spectacle ou s’abonnent-ils à leurs humeurs ? Ils se couchent, se pelotent.
«- Ta queue est superbe mon salaud, dit-il en la caressant
– La tienne est plus longue
– Oui mais elle a du mal à s’irriguer jusqu’au bout »

Je rêve ! Ils se comparent. Des vrais clichés de mecs, quoi. Je bave devant ces deux pareils en mouvement. J’admire leur gestes assurés et précis. J’irai bien toucher, caresser un petit bout de couilles, embrasser une peau, lécher un périnée, écarter des cuisses, atteindre leur étoiles… mais ils ont l’air si bien tous les deux, tête bêche, l’un dessus l’autre en dessous. Sur mon fauteuil, je me dandine, la main dans la jupe. Ils m’ont oubliée. C’est parfait. Je me caresse, je matte. Ils prennent plaisir. Rien à ajouter.

Tout à coup, je sursaute : « T’as vu ça ? Elle se caresse tranquille dans son coin». Impossible de savoir qui a parlé. Ils se couchent sur le côté comme indistincts. Ils se sucent encore. Je me demande combien temps ils vont tenir comme ça.
«- Enlèves ta culotte – me dit un ton sec et ferme- c’est bientôt ton tour.
Je ne le fais pas. Quelle idée ! Non, mais des ordres maintenant !
– Elle n’est pas très obéissante ta copine.
– C’est pour ça que je te l’ais amenée.
De quoi ils causent ces deux-là ?
– Enlève ta culotte et jette-là sur le lit !»
C’est sa voix. Obéir, pourquoi pas mais comment gardez la face ? Tiens j’ai une petite idée. Je fais glisser ma culotte et j’en profite pour réajuster bas et serre-taille. J’envoie la culotte sur leur tête, ce sera plus drôle. Et hop !
L’autre voix d’un ton sévère :
«- T’aurais pu faire attention ? Elle vraiment mal élevée ta copine.»
Quel malotru celui-là. Un homme charmant m’avait-on dit ? Passons. Bon. Je fais quoi maintenant ? Je vais les voir ? Et si l’autre «charmant» râle encore ? Bah, je suis bien sur mon fauteuil.- Je l’ai promis, je vais réaliser ton fantasme, me dit la voix connue.
De quoi parle-t-il ? C’est bien ce qu’ils sont en train de faire, non ? Ils se relèvent, les yeux vers moi. Ils sont assis au bord du lit. Je me liquéfie sous leur regard mutin.

«- Mon ami veut t’offrir quelque chose.»
Eh eh eh ! Un cadeau ? Je ne dis pas jamais non à un cadeau. Mais, ce ton narquois me laisse perplexe :
«- C’est gentil
– Ne parle pas trop vite. Alors voilà. Je voudrais que tu lui offres ton cul.»
C’est un peu pour ça que je suis venue, pourquoi tant de cérémonies ? Attends, ce n’est pas moi qui devais recevoir un cadeau ? Je ne comprends plus rien. Nous nous faisons face à face, assis. Lui est à ma gauche. Ces regards étranges et ce silence font grimper encore la température.

«- Approche-toi !»

Je me lève vers lui pas très assurée. Il me fait faire un demi-tour et mes fesses se retrouvent vers lui et mes seins vers son complice. Appréhension. Mon ventre se serre, mes cuisses et mon périnée se contractent, mon cœur bat comme un forcené. Il me glisse entre eux deux. Mes genoux sont maintenant collés aux jambes du complice. Je commence à trouver la situation périlleuse. Il me caresse le derrière avec application. Sa main passe sous la jupe, remonte le long de la cuisse, s’attarde à la lisière du bas, puis sans plus de détour arrive à ma chatte. Une main devant, une main derrière. Il s’applique et, en quelques mouvements, je me tortille, son doigt à l’intérieur. Chauffée par leurs jeux précédents, je muris vite. Je remue de plus belle, gémis, mouille. Me voilà au bord d’une de ces premières jouissances douces. Il stoppe tout. Je tourne la tête vers lui, déçue.

– « Elle est prête. À toi »

J’ai le cœur au bord de l’explosion. Ai-je bien compris ? Il me pousse vers son complice et me voilà sur ses genoux. Vu la configuration, je n’ai plus aucun doute sur la suite des évènements. Il retrousse ma jupe jusqu’à la taille, présentant mes fesses nues à son complice. Deux regards sur mon cul et mon sexe se serre. « Je t’offre ton fantasme ». À qui parle-t-il ? Je n’ai pas le temps d’y réfléchir. Une main claque ma fesse. Drue. Je sursaute. Puis, des claques timides qui s’assurent peu à peu. Mes fesses se soulèvent. Le complice me demande de cesser. Ce que je fis cinq secondes et demie avant de reprendre de plus belle. Le complice arrête, me relève d’un air fâché et me présente à notre ami.
« – Tu es incorrigible, en une seule fois je t’offre deux de tes fantasmes et tu n’es pas capable de faire plaisir à mon camarade ici présent ! Tu sais ce que tu mérites ? »

J’ai le derrière déjà bien chaud. J’y pose les mains, réflexe de conservation. Il défait le bouton de ma jupe, la baisse, réajuste mes bas, me met torse nu. Érotisation consentie. Il me pousse sur ses genoux. Sa main tape ferme. Ah, c’était lui la première claque de tout à l’heure. Sa main rythme mes fesses sans compromis. Je geins, enfin je crois, perdue. Dans un éclair de lucidité, je me dis que le complice doit avoir un beau spectacle. Ma voix se fait aiguë. Il attrape au vol ma main récalcitrante. Mes fesses dansent. Il claque ma chatte de temps à autre. Je ne suis plus qu’un cul brûlant Je geins pour de bon, sans aucun contrôle. Sa main se fait de plus en plus douce, decrescendo. Il me redresse et pose ses doigts sur mes rougeurs. Son complice, déjà debout, essuie de sa main la cyprine qui ruisselle vers mes genoux, dépose un baiser dans mon cou, son sexe caresse mes cuisses. Lui se lève, m’embrasse, dévorant. La nuit vient seulement de tomber.

 

 


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