J’aimerai te voir nue, encore 10


Acte II

 Début de l’histoire ici

Nous montons les escaliers. Tu passes devant hésitant. 
Peut-être tes yeux auraient préférés me suivre ? 
Mais je n’allais pas te doubler dans les escaliers. Ça le fait pas ;)
La porte se referme. On pose nos affaires. Ce premier baiser me laisse perplexe.

Tu bidouillas avec la télé. Je suppose que tu veux mettre une ambiance. Je déteste le son de la télé. Je ne dis rien, n’osant briser ton souci de bien faire.

Puis, l’odeur de ta peau. Surprenante. Piquante.
On est assis sur le lit. Je suis en dentelle noire. «J’aime ce que je vois». Je te souris
Puis, ta langue sur mon moi. Douce. Timide. Peu à peu enivrante.

On est sur le lit, mon corps abandonné à toi, à ton rythme. J’aime comme tu te délectes de mes odeurs, de mes humeurs, de mes sueurs. Tu t’exécutes avec un plaisir évident, tu embrasses, tu happes, tu lèches, tu enfonces ta langue, changes de rythme, aspires mon clito, tu t’arrêtes de temps en temps, jamais trop.

J’aime tes paroles sexuelles. Je ne sais en dire de si belles.

Mes mouvements de bassin soudain et anarchique, ma main pressant ton crâne contre mon sexe ne te laissent aucun doute. La jouissance est proche. Tu lâches tout, tu dévores de plus belle. Mon bassin se soulève, je gémis, je jouis doucement. Ta bouche est pleine de mes humeurs et tu es sur un nuage. Tu continues pour me voir profiter de ce plaisir, de cette jouissance que j’ai pris sans hésitation, aucune.

Ton sexe est près de moi et ma bouche le goute.

Seulement, voilà. 
Tout ne se passe pas comme tu le veux. 
Tu ne pensais pas ton corps te trahirait,alors, que tu veux le sentir happé par le mien.
Je t’accompagne, un temps, dans ta recherche de la réaction virile. Je te sens gêné. Je veux te laisser le temps, l’espace de faire ce que tu trouves bon pour toi. Je n’attends rien. Je ne veux pas te mettre mal à l’aise.
Tes doigts caressent mon intérieur en compensation de ta déconfiture. Peu à peu, mon corps se perd sous tes doigts. Je jouis calmement.
L’un contre l’autre, nous devisons. Tu profites encore de mon corps. 
Je te laisse faire, c’est bon et doux.
L’heure a tourné. Je tente de partir. Tes mains entreprennent mon dos, mon autre point faible…si je pouvais rester…tenter encore une fois la chance… te donner du temps pour que tu puisses, peut-être, à ton tour, jouir. C’est l’heure du départ, je ne peux rater le train de mon autre vie.
Tu te rhabilles en gardant précieusement mes odeurs.

Tu me raccompagnes. 
Tu aimerais me voir nue. Encore


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10 commentaires sur “J’aimerai te voir nue, encore

  • usclade

    Si la vie ne m’avait pas aiguillé vers un autre métier, moi qui adore les trains, je crois que j’aurais été un clone parfait de ce conducteur de train…
    Combien de fois mon corps m’a trahi dans ces circonstances, malgré mon envie, mon désir, mon excitation, ma gourmandise… Et malgré tout, le plaisir était là, sensuel, cérébral, ressenti à travers le plaisir de la partenaire.
    Il fallait alors toute la bienveillance de la dite partenaire pour me rassurer, me dire que l’absence inopportune de ma virilité n’avait gâché ni le moment, ni le plaisir.

    Mais moi, avec quels mots rassurer ma partenaire pour la convaincre que cette défaillance était irrationnelle et absolument contradictoire avec le désir que j’avais pour elle?

    Joli casse-tête tout de même…

    (et très chouette ton illustration !)

    La solution, ton mécanicien l’a bien trouvée : en cas de panne, quand les choses déraillent, ne pas se laisser démonter, sortir le reste de sa boite à outils.. :-)
    http://sustentee.blogspot.fr/2011/10/le-coup-de-la-panne.html

  • Marie Tro

    Bienvenue Usclade :)
    Les machines humaines répondent moins bien que les machines aux procédures normées. Magie et défi de l’être humain. Duo intense (de machine à café :D)

    Casse-tête, oui. Je ne savais que dire. Ne pas en faire tout un plat sans jeter aux orties ses émotions. Le rassurer sans en faire trop. Jeux d’équilibristes.
    Comme tu dis, il avait d’autres outils en main…

    Merci pour ton lien. Nos textes étaient fait pour se rencontrer ;)Tu y ajoutes une note de sensibilité masculine. Enrichissement mutuel, j’adore.

  • Sophie

    Les machines humaines c est le corps et l esprit ..
    Je me suis souvent demandé pourquoi cela ne fonctionnait pas toujours et je ne comprenais pas comment et pourquoi une femme pouvait impressioner un homme? Je pense que pour moi c est ma liberté qui en impressionnent certains apres et depuis tres peu de temps je me dis qu apres tout je suis comme je suis..C est tres joli Marie ce que tu écris ,j aime beaucoup..:-)

  • Marie Tro

    Bienvenue Sophie :)
    Éclairage complémentaire encore ! Et merci pour ton compliment :)

    Tous les rapports humains sont instables et passionnant. Demandez aux commerciaux s’ils ont toujours la tchatche, aux psy la super bonne réponse, aux conducteurs s’ils ne ratent jamais le quai, aux judoka s’ils ne laissent pas émouvoir par un corps,aux galeristes s’ils n’achètent jamais de croute, aux informaticiens s’ils trouvent l’origine de tous les bugs, aux amoureux du vin s’ils ne se trompent jamais de bouteilles…
    Chaque relation avec un autre nous demande de la recréer un peu. D’égal à égal en tant qu’être humain.Facile à dire ;)

  • Paul

    Quel joli texte pleins d’humanité, d’humilité, de respect, d’écoute, de partage devant la complexité de l’être humain. Nos ressentis, nos sentiments,… seront toujours là pour être des formidables catalyseurs de nos envies. Mais aussi, des freins insoupçonnés. Que la personne a qui cela n’est jamais arrivée, jette la première pierre…