Jachère


Terre sèche, désert jaune, la poussière se soulève les sabots de l’ennui. Les rêves ne sont plus des oasis où la main plonge dans l’onde. Le son des galops raisonnent au loin, poussière dorée des lointains qui jouent encore. La corde se dessèche aux soleils perdus. L’énergie a fondu, elle se craquèle sous la chaleur des sexes enfuis.

Saison des pluies, têtes trempées, la boue se colle aux ennuis. Les rêves même sont noyés sous la diluvienne. Les mains ne trouvent que les ondes qui dégoulinent des yeux mauves. L’eau assourdit le son des joueurs de surface. Ils s’amusent, ils claquent les peaux et enfilent des amants au corps large. La corde se délite aux mousses envahissantes. L’énergie s’est liquéfié. Les sexes ont pris le large.

Frida la blonde, les blés mûrs des temps qui enchantent. Main contre le cou, possession du désir, les culottes se délient. Elle en avait une jaune, jonquille descendue par le peintre. Sexe gonflé de printemps, large tronc terrible à emboucher. Il dessine les lèvres sur un papier épais. Leur chambre est une galerie où elle est modèle vivant, nue et belle. Il parsème la couleur au cœur de la nuit, sa muse entre mes bras. Elle a tatoué ses amours sur  la peau et je remonte le cours de sa vie jusqu’à l’œil de Jade. Il a posé ses lèvres sur mes roses. Sa langue fusain fait gémir mes soupirs. D’une bulle à l’autre, je sors mon atout. L’orchidée se fait pieu entre les plis de la fleur. La rose s’écoule, mignonne auréole entre mes doigts.

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Illustration : Yannick Corboz

 

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