Instinct 2


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« Mimez votre animal instinctif »

Mimer mon animal instinct, répétai-je dans ma tête, les yeux fermés, collée au mur. La musique chante l’Afrique, et j’aurais voulu danser seins nus sous des colliers d’or. Un ours, oui c’est bien un ours. Je suis un ours.

Le plancher est de bois clair. Mes genoux s’y posent en douceur, mes mains s’y posent à leur tour. Mon cerveau a lâché sa proie. A nouveau, vous êtes mon partenaire d’exercice, vous l’homme assis sur le sol. Les vagues du hasard, inlassablement, nous ramènent l’un à l’autre. Sur ce plancher de bois clair, mon mental a lâché prise. Je m’approche de vous, et, ce n’est pas un ours que mon instinct me dicte. Je ne sais pas encore ce que c’est, mais j’ai lâché les voiles, face au vent.

Le plancher est de bois clair. A quatre pattes animale en robe corail, j’avance vers vous, souple. Mes mains, avec lenteur, se détachent du sol, pour y retourner sans un bruit. J’avance. Mes hanches ondulent à peine, au déplacement de mon corps. J’avance. Le plancher est de bois clair. Vos pieds sont proches. Alors mon instinct, se plante dans vos yeux. Il vous regarde. Ne jamais vous tourner le dos. J’avance et je recule. Mes bras se déroulent sur le plancher suivant un ordre qui m’échappe. Mon instinct ne vous quitte pas des yeux. Mes hanches roulent, à quatre pattes dans la robe corail. Fugaces, des draps blancs dansent dans mon cerveau.

Le plancher est de bois clair. Je lis dans vos yeux votre instinct, et mes yeux lachent leur proie au risque de se faire attaquer. Alors il faut y retourner. Je pourrais vous dévorer petit homme, assis sagement. Je pourrais me jeter sur votre peau, lécher vos douleurs et vous rendre votre dignité d’homme. Je pourrais, mais vous vous ne savez pas cet ici où je joue avec les mots. Le plancher est doux sous mes coussinets. Une chatte, je suis une chatte. Je pourrais miauler, je pourrais faire danser mon cul, je pourrais vous trainer par le cou sur de grands draps blancs. La musique s’arrête. Je recule, effrayée.

Le plancher est de bois clair, tous assis en rond, nous débriefons. Vous dites, homme assis, que ce fut agréable et que vous sentiez de la séduction. Vous dites que vous êtes impressionné. Mon cerveau a honte. Mon critique râle. Mon juge s’indigne. Mon patriarche désapprouve. Je veux fuir par les fenêtres, virer de bord et prendre le large.


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2 commentaires sur “Instinct