Immortelles amours 1


miss-ko

Je ne sais pas l’amour qui distille les pétales violets des immortelles séchées, qui se conjugue à trois, et l’autre encore dans la chambre rouge. Je ne sais pas.

Et c’est quand l’amour, et c’est quand la passion. Et encore j’ai failli crier «je t’adore» à coup sexe arraché, or dans ma gorge l’intrigue sage s’est coincée. Adorer, ce n’est pas aimer. Qu’est-ce que c’est ? Assis face à face, je devine sans piper mot. J’écoute les interstices de ton cœur qui bat la mesure pianissimo. J’éteins mon sein puisque ce n’est pas de l’amour. C’est autre chose. C’est un truc, un drôle de truc.

Mon cœur dans la ruelle, sous la Santa Trinita, mon cœur je voudrais t’épouser, c’est vrai. C’est faux aussi, cela ne peut pas être. Mon cœur se gonfle comme ton sexe, mais aux tumultes de la rivière je ne veux pas me noyer. J’ai peur. Si c’était la dernière fois qu’un homme dise avec toi vivre. J’ai peur que l’homme fuit ma baise, la folie des humeurs, mon corps flétri, l’âme évaporée et le sexe en chaleur quand il est arrimé. Tu es sincère et je ne dis que l’intime vérité.

Les amours se chevauchent en cadence insoumise, se baisent de connivence, pénètrent mon cœur trop ouvert à l’intense. Amour ou complicité. Passion ou non rien. Coup de cœur et coup de sexe. Cou emprise ou baisers si doux. Amours chevauchées, raide dingue, me laissent pantelantes après les gouffres du plaisir. «Je t’» s’étrangle à nouveau comme sur le canapé marron. A nouveau par les entrailles passées.

Je veux que tu m’attaches, que tu me dises que tu reviendras toujours me voir, que je suis ta petite fille préférée, que, pour rien au monde, jamais quelques autres amours transperceront  ton cœur. Mais je suis une femme et tu es un petit garçon les jours de grand vent. Seuls quelques-uns savent réveiller ma faune. Chaque jour, j’ai peur que la bête sauvage disparaisse. Je m’accroche aux quelques-uns de passage dans mon sexe, et les traces indélébiles dans le cœur. L’amour, mon cœur, c’est impossible.  Ou alors, un autre.

Autour de ton sexe, je tourne sept fois la langue dans ma bouche. Je monte, je descends, je gueule parfois ou je soupire.  Je râle dans les draps tâchés de travail. Je sais que tu t’en vas, tu vas à l’autre vallon où ton âme aspire. Il te faut tout. Il me faut tout. Il faudra me faire seule. Et c’est faux aussi.


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaire sur “Immortelles amours