I always liked it slow* 2


Sylvia Kristel
Vous êtes parti loin, je ne sais où, loin où je ne vais jamais. Sa voix prolonge mon désir, dans l’ici, sans avion. Je m’évade sous cette voix grave qui m’effleure et me fait oublier le manque de vous. Je vous trompe avec sa voix, j’émoustille l’envie aux effluves d’un autre pour le jour où je vous aurais sous la langue. Je serais prête, ma chatte ouverte par ces voies, je serais prête et je refuse de vous attendre. Alors je danse les mots, je danse nue au vent léger, je tourne sous le souffle grave, je vrille entre le violon et les notes blanches. Sereine.
Sa voix me fait danser l’oubli et la peine. Sa voix me fait danser la danse du désir aussi loin que les avions portent, aussi loin que les sms sont surtaxés, aussi loin que les hôtels sont pleins de barbons trop occupés. Demain, c’est trop loin. Sous sa voix mon corps ondule. Il dit les mots que je ne comprends pas, il susurre les sens, réveille les pulsions et demain, dans ma guêpière, n’aura pas de fin. Loin des aéroports, loin des ports et de leurs femmes, loin encore. Danser entre vos bras trois pas de salsa, danser entre vos doigts la longueur des draps. Loin à l’autre bout du lit, près de la table de chevet où tout valse entre mes mains agitées. Là-bas.
Mordre la vie autant qu’il y en a  -you and me-  mordre la vie et lécher votre vit, sans préliminaire, lent mouvement du sexe à sa place, dans la mienne, je vous y aime déjà. Encore habillée, une paire de bas beige, une jupe droite et un pull à même la peau, j’ai chaud de votre sexe sans autres préliminaires que ceux de la veille. Sous les draps, nu vous m’attendiez et j’avais piqué tout le café. Vous m’attendez et j’ôte ma culotte dans l’entrée. La joue contre le drap, ma jambe dans votre main et la danse ronde des râles heureux. Loin des centres commerciaux, loin des autres et même de norauto. Loin, il y a l’amour entre les murs, à portée d’oreille de la femme de chambre.
Sa voix fait danser mes fesses aussi sûrement que vos mains font taire la litanie de vos amantes. Votre vit entre mes lèvres, mon doigt entre vos chairs, vos râles et c’est vous, encore, qui allez venir. Sa voix et je ferme les yeux. Les vôtres y sont plantés à demi clos, ils brillent de jouissance. Venez, revenez et prenez-moi. En avion ou en levrette. Là, je pleure, émue, sous vos coups de bite, et si c’est bon de gémir de tout son cœur, d’arracher les draps de toute ses forces. En missionnaire, là-bas après le rond-point dans la grande chambre douce. Et votre cœur qui bat, comme s’il allait lâcher sa prise. Revenez, venez et prenez-moi au bout du matin tendu. Parce que tes mains apprennent mes fesses patiemment. Il faut le temps. Parce que ma chatte hurle de désirs à tes tapes douces. Il faut le temps. Et l’afflux de désirs appelle plus, encore plus, plus fort, je veux ta main sonore. Je veux la chaleur et la cuisson. Plus loin encore, je t’apprends mon continent, je t’ai choisi comme explorateur. Atterris sur ma lune, plante y ton nom. Jusqu’à tout à l’heure.
*
It’s not because I’m old
It’s not because I’m dead
I always liked it slow
That’s what my momma said
All your moves are swift
All your turns are tight
Let me catch my breath
I thought we had all night

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 commentaires sur “I always liked it slow*

  • Il

    Au fond de la nuit j’ai bu mot a mot et écouté Cohen
    Bondissant pardessus les nuages, filant sur le rail d’acier, au cœur de l’éden je l’ai retrouvée.
    L’amitié attendait, l’amour impatient attendait, le serviteur muet attendait.
    Nous nous sommes réjouis de mille caresses, enivrés de mille plaisirs, aimés de secrets amours.

    Je bois mot a mot ce désir comme je sens goutte a goutte le mien.

    Vivement refiler sur la ligne d’acier , vivement.