Griffes et rien


Griffes et rien, des ongles tout au long de la peau, transe d’une guitare, une intro à peine et je plonge. Si vite, avant-bras contre avant-bras, même pas liée, déliée de pensées, plongée sans apnée où les poils ondulent. Ses mains lentes à la surface des épidermes, tous à la fois, et là dans le creux des nervures, partout je suis prise d’imperceptible, le cerveau sous un ruban de mer. Il y avait des draps, jaunes et gris, géométriques formes, et mon torse nu, mes jambes piquetées d’orange en peau, la chambre banale sous le toit, tout près de la lumière.

J’avais envie de rire et de vivre et de suivre le bord de la mer. Nous étions enfermés dans l’intime, le plus grand, entre la cuisine et la salle de bain, entre la chambre et le salon, mesurant la chance d’avoir de l’espace entre nos doigts. Je voulais la rue et les rires, les passants sans son sous leur casque et même la sueur moite des barres de métro. Je les voulais sans virus ni virgule, là comme une urgence. Je soupirais d’aise de couper le micro aux collègues dont les platitudes nuisent à mes sens. J’avais peur de sortir et je voulais sortir, je voulais aider sans être infecter et sourire et même rire aux passants sous angine grise. Je voulais rire et j’ai plongé sous tes ongles.

De clito en tempo, bondit mon corps, hors des limites, hors de ses ports, bondis bon dieu ! là encore ! tu vois mes pores se dressent, presse mes seins, soulève mes reins, ouvre mes portes, entre les lèvres, entre sans peur, chevalier avec crainte, serviteur des sens, ma peau s’enfonce sous les plis, viens tout contre moi, reviens sur tes pas, de tous tes doigts, tout là-bas se joue les sens, envers et contre tout, là ton doigt dans moi, juste ça et là, reviens vas là, je n’y suis pas, là dans mon cul, franchit la cuisse, dépasse l’espace, soupirs et cris, mes mains prises, tes mains au sein, au cul tout en même temps, je n’y suis plus, tes mains au cul au sein sous aisselles, épiderme sans frontière, faitière de plaisir, rire je voudrais ouvrir ton livre en live, demain quand le temps sera à la mer.

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Illustration : Extrait de Griffes d’ange – Griffes d’Ange

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