Garçonnière 1


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Appuyée contre le mur blanc, tu me fais bander, je l’entends défaire la boucle de sa ceinture. La fermeture a sauté aussi, avant moi. Dans le noir des sensations, dans la douceur de la lumière, contre le mur et au bord de la cour blanche, je glisse ma main vers ce pantalon ouvert. Sa peau est à même le jean, élastique tendu.  Je souris à la nudité des aplats blancs, ma paume est heureuse. C’est un voyage en terre connue.

Sa chemise est à boutons pression. Ma robe est à boutons pression. Son sexe est juste caché par le tissu de son pantalon. Mon sexe est juste caressé par le lin de ma robe. Chaque bouton cède, vite et lent. Du bas de ses reins ronds melon, mon désir s’en souvient encore. Le lin accueille son sexe tranquille. Mes lèvres dansent contre son gland. Nous savons où nous allons, nous avons préparé notre chemin, randonneurs avertis. Point de superflu, point de hâte non plus. Le chemin est déjà le plaisir.

C’est amusant cette cour d’immeuble, avec d’autres fenêtres ouvertes. Comme là-bas. C’est amusant la peau de ses fesses en haut du pantalon, poilue et dorée. Comme avec toi. J’ai tendu mon cou contre la cloison, j’ai embrassé ses lèvres, désir sans amour. J’ai mangé son soupir.

Le cul pris, le vagin en doigts, la queue sous les lèvres, le doigt au fond, je suis douce, tiraille la peau, l’eau entre les phalanges, ses yeux fermés, son voyage, mes gémissements, ses mains chirurgicales, nos fantasmes un peu ailleurs un peu ici, de la soirée de là-bas et du lit présent sous nos corps. Ses doigts dans le profond, je suis partie du voyage sans attache. Sans y réfléchir, ma tête est contre son torse. Douceur de l’instant. Sans même y penser, ma bouche est autour de son téton que j’aspire lèche mordille. Par plaisir, pur plaisir de l’instant sans y penser. Il s’érige, dur, petit, dur, petit téton de gardon. Ce n’est pas souvent, on y pense pas assez souvent. Sa peau sent encore le savon bio et la sueur de l’instant. Petit téton dur sous ma langue. La bise sur le pas de la porte, et c’est moi qui reste dans la garçonnière.

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Illustration : Appollonia Saintclair


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