Fulguration 3



Je descends l’escalier blanc, discrète, lavée, rincée; ma robe juste renouée et indécente encore; à la main des talons, des dentelles de taille et d’yeux, deux beiges bas.
Il ne reste que les esprits des invités partis en fumée sans demander leur reste. La piste est vide mais la musique reste souple et sensuelle comme une ronde de baisers et la nudité des actrices sans manteau. Robe noire sans cravate. Le connu a lâché la main d’un regard coulissant aux pieds jambes ignorants. Il y a très longtemps qu’il est parti. La tradition orale des peuples africains est parvenue aux étagères trou de serrure sous la verrière. Au cabinet la psychologie bleue.

Toi, l’autre vous, faux-hôte, saronide circonstanciel, tu me demandes en une fausse question en un souffle effleurant connu si tout se passe bien.
Oui

Tu redescendras par le même escalier avec la même attitude présente-absente, le col de ton rôle tombé entre les cuisses de la sylphide croisée dans le mince ascenseur de fer et de verre.


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3 commentaires sur “Fulguration

  • Carnets d'Eros

    C’est un peu comme les tableaux que l’on travaille en tâches ou en projections, ou encore en mode « pas fini ». Une partie est peinte et le reste est ébauche, traits rapides ou croquis.

    Il faut faire l’effort de combler les vides et d’imaginer ce qui n’est pas représenté.

    Délicieux !

    CdE

  • Marie Tro

    Messieurs, veuillez m’excuser pour cette peinture brute de décoffrage et surréaliste. Ce sont les premiers mots qui me sont venus. Les notes suivantes sont d’autres bout du puzzle. Enfin, j’écris une version où il manque moins de pièce du puzzle, où les traits sont un peu plus précis. Reste à faire mijoter.