Fleur d’Oranger 2


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Sur mon lac courent des mains puissantes ou douces ou chaudes ou fraiches ou fines ou larges. Les yeux fermés, les sens se vivent à l’aveugle. Au bord de mon oreille crépite un feu sous un dôme de verre. Les bûches se fendillent, sa bûche se tend. De l’huile d’argan venue avec les hôtes de ces lieux, de l’huile de fleur d’oranger venue dans la valise d’Oran, de l’huile s’incorpore sur ma peau. Et cette main large qui se compte en année déjà, cette main loge mon corps. Elle modèle chaque parcelle de mon dos, elle détend mon cou. J’aime cette main.

Couché sur les flots sensuels, mon corps se perd entre chair et ailleurs. Dans le secret de ma peau, j’aimerais d’autres mains. L’instinct propose, elle dit oui. Ses mains sont plus fines, plus fraiches, plus caressantes. Les yeux clos, les sens décuplent la lumière intérieure. Doux, puissant, chaud, frais, bas et haut. J’écarte les cuisses encore, il est assis dans le canapé à hauteur de mon sexe. Je sais qu’il voit, j’ai compris qu’il aime des yeux, qu’il vit l’intérieur aussi, que le regard est son organe. Je veux m’offrir aux mains puissantes de son cœur, aux mains douces de cette sœur, au regard de l’acteur. Je suis abandonnée à la félicité. Soudain les petits doigts fins parcourent mes lèvres. L’onde court entre mes pétales. J’aime la sensation de l’eau qui coule délicate, tiède, lâchée. Je n’ai plus de cerveau, je n’ai plus qu’une peau immense.

Tout a disparu, et le plafond et le canapé. Tout. Mon instinct a pris les sensations en main, et cet amour de queue derrière mes cheveux. Alors sans réfléchir, en écoutant seulement le cœur, entre ma peau, ce sexe large que je connais sur le bout des doigts. Je masse de mon corps, de toutes mes envies sans passer par la case cerveau. Mon sexe est au palais des lumières. Mes mains ont le savoir. Mon mental a lâché sa prise, seul l’instant est présent entre mes paumes. Hampe large, bouton fendu et lisse, veines, danse la main, danse dessus, chante dessous, habite.

***

Illustration : veuillez m’excuser, je ne sais plus où j’ai trouvé cette beauté. Si quelqu’un le sait, qu’il le dise ou se taise à tout jamais


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2 commentaires sur “Fleur d’Oranger

  • Raphaël

    Je me thé à jamais alors, ça laisse plus de latitude que de conjuguer le verbe terre. J’ai laissé mon cerf veau au dodo ce matin. On ne s’étonnera plume qu’on ne le retrouvera jamais puisqu’il paraît que l’a ni mal a disparu de la surface de la taire.
    Oui, je des rails, mettez moi aux fers j’ai besoin de mines raies pour crachanter dans levant.

    Le cerveau se fait peau… de lait.