Entre les draps verts d’eau


Le cou sous les morsures, je suis animale captivée de tendresse. Arc mes reins sur les draps dépareillés, la porte est rouge et nous avons bu de l’eau. Il n’est plus d’ici et de maintenant, il n’est plus de viande rougeoyante et crue, juste vos doigts sur mes boutons et ma langue qui cueille les vôtres. La nuit se distille entre vos doigts qui m’emportent. Sous vos dents, je me rends. Là sur le vert du drap, se dessine une corole de rosée.

Ce sont les maitres du désordre qui nous ont saisis dans l’après-midi, morceau de chocolat noir, dense et intense. Vous avez demandé ma main au-dessus de la table. Viens je vais te monter ma grosse bibliothèque. J’ai dit oui pour une demi-nuit nue. Le cou sous les morsures, je voyage derrière les planches brutes. Le doigt dans les fondements, je bondis loin. L’inspiration des poètes.

Au bord du lit, mon corps m’entraine mue par les plaisirs, la tête dans le vide, gémissent les morceaux de ciel au bout des doigts. Je coule de musique pénétrante. Danse sein tété. Rond tient dans la main. Pointe sur la langue avide.

Retournée et prête à partir, votre corps enveloppe le mien. Avant derniers jeux qui chuchotent reste ou n’oublie pas ou encore, demain au bureau le sourire de tes lèvres sera mon triomphe inconnu. Je voudrais garder le bonheur d’un désir à même la peau, des cours noires et des voisins dérangés. En bas de la tour sans ivoire, les plantes exalteront le parfum sauvage .

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Illustration : Caroline Lefebvre Mahjun

 

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