Doux demain 2


bateau

En fermant les yeux, le monde était doux. Doux comme la peau de votre torse qui respire de jouissance, doux comme l’animal docile, doux comme la violette perlée. Ma joue recueille les battements de votre cœur qui s’estompent en soupirs. J’ai fermé les yeux, le monde était contre mon sein, suave bleuté.

Ma nuque se détend des jours mauvais. Ici plus rien n’existe. L’enfant est sage sous les charmilles, il se berce sur le cuir de vos nuits tannées. Ma main caresse votre chair. De guerre lasse, l’oreiller se fait refuge. Votre sexe dort encore tandis que le mien luit dans le noir. J’aurais voulu que vous soyez le sauveur, mais le vase fragile a besoin de coton. J’aurais voulu que vous soyez mon autre, mais l’enfant ne se berce qu’en mon sein.

En fermant les yeux, ma paume caresse le grès fin et lisse. Mes doigts aiment les rondeurs. Mes doigts aiment cette tasse qui ne dit mot ni ne consent ni ne juge ni n’emprisonne ni ne sourit. Je voulais sucer son sexe, mais son sexe ne prenait plus forme. Est-ce que le désir déménage ? Était-ce que l’énergie s’écoule à marée basse ? Je voulais la douceur de l’eau, je l’eus. Je voulais la douceur de son cul, je ne l’eus point : son esprit volait ailleurs. En fermant les yeux, c’est l’autre que je voulus.

J’ai fermé les yeux dans le soir, des épices jetaient des silhouettes étoilées. J’ai fermé les yeux pour dire bonjour à la nuit, où tous les espoirs sont gris. Demain, comme jamais, ton cul sera entre mes joies bandées. Demain, comme tous les demains, demain je vivrais.


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