Détends-moi, un peu, beaucoup, à l’eau 3


sans attendre

Prends-moi là comme ça. Je suis stressée, si stressée, deux nuits que je ne dors pas, deux nuits que le cerveau tourne sans fin. J’ai faim, calme-moi, prends- moi. Viens dans la chambre, viens j’enlève ma culotte, approche-toi, non sans fioritures, sans caresse dans mon cou, sans rien du tout. Ne m’embrasse pas tout le corps. Garde les baisers pour les jours doux. Garde des lèvres pour ma peau aimante des jours sereins. Donne-toi que je fasse sortir la force, que ta promesse expire de sa cachette rétrécie, petite tortue au repos. Viens, mon Pinocchio, raconte-toi des mensonges silencieux, fais ce que tu veux, mais bande vite. Merci. Je suis stressée si stressée, il faut que tu me délaces, mon sang est du café, mes seins sont mous, et mon ventre vide.

Là, mes fesses au bord du lit, là mes jambes sur tes épaules, vas-y go. Encore, encore. Fatiguée, je suis si fatiguée que mes sens s’enfuient vite, j’abandonne tout mon être. Je n’en plus d’être en tension, de réfléchir à chaque mot pour ne pas aggraver ma situation. Je suis fâchée avec les virgules et les orfèvreries des mots savants.  Là avec toi, je lâche mes maux, mais prends-moi, putain bien ! Raaah, et ma tête tourne vers l’infini des intenses fugaces. Perdue.

Mais tu n’en as pas fini avec moi. Je gis sur le dos, me contente de cette première décharge. Je soupire enfin, j’aspire au repos. Mais tu en as décidé autrement. Peut-être sais-tu que j’ai enviede  libèrer toutes les tensions, même les plus enfouies. Deux nuits d’insomnie, des litres de thé, un esprit tendu comme l’arc des Elfes, mais pas d’eau sous mes paupières. Tu t’assois au bord du lit, tu caresses mes côtes, tu prends possession de mon nombril de tes mains instinctives. L’énergie chaude se diffuse sous tes doigts immobiles. Tes mains massent. D’un coup sec, tu attrapes mes cheveux. Tu me forces à venir vers toi, toujours assis au bord du lit. Je ne sais comment me déplacer, mal dégourdie des membres encombrants, mal habile. Tu ne lâches pas la pression m’emmenant inexorablement à toi. Mes cheveux semblent se détacher de mon cuir. L’inévitable est. Je suis couchée sur tes genoux. Sans un mot.

Je me dis que ça va aller. Tout cela va passer crème, presque sans coup férir. Tu prends le temps, ma peau ne s’échauffe même pas. Je respire. Comme des caresses fermes. Je soupire. Je sens la tension qui remonte du fond enfoui. Deux nuits blanches, et ces mots qui furent le piège à fauve. Ah. Je sens. J’aime, le sexe s’égaille. Les cuisses se réchauffent. Ta main est en creux. Plus de bruit que de mal. Tant mieux, pensè-je Puis, aoouh, aouuh. La douleur irradie. Elle prend le pouvoir, elle occupe la place. Mais pas encore toute la place. Je rechigne, espérant à la fois que tu laisseras faillir et que tu vas continuer. J’ai mal, ma main sur mes fesses, ma main que tu coinces, et la tension qui jaillit enfin en torrents de larmes. Tu t’arrêteras quand tu auras trop mal. Ouaah aaouhh.  Je ne sais plus. Je ne pense plus à toi, à tes hésitations peut-être, à l’énergie que tu fournis, à l’attention que tu me portes pour tenter de sentir quand il faut arrêter. Je ne suis plus là. Elle brûle. Je brûle. Elles brûlent. Ton doigt dans le con. Ton doigt, l’eau douce. Le feulement.

Tu me couches dans le lit, pose avec délicatesse le drap sur ma chair. Tu embrasses mon front. Reposes-toi. Dors du sommeil du justifié.


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