De vous à moi, baisons je vous prie. 24


Je voulais ce matin, dessiner la toile de toi. Je voulais y introduire les couleurs, y tracer de larges trais de peintures épaisses. Je voulais te donner un contour sur la toile de ma vie. Et, je peux à peine t’esquisser. Qui donc es-tu ? Qui suis-je pour vous, darling ? Nous nous sommes connus en chair et en os. Nos chairs se sont englouties et nos os entrechoqués. Nos peaux se sont fondues et nos sexes se sont connus. Comme des fous.

 

Avant, nous étions des adresses mail qui se répondaient. Nous étions des sms impromptus, des temps de silence et de longues pages d’écriture, parfois. Nous étions des images floues du réel. Côtés d’écran égaux deux à deux.

 

Puis, nous fumes des odeurs, des regards concupiscents, des râles puissants, des hormones de vie, des frustrations, des caresses délicates. Ils ont persisté au temps du retour. Retour à la maison, retour des émotions, retour des autres. Retour à nos quêtes.

 

A nouveau, je suis une adresse mail qui répond, encore. Un numéro de téléphone dans le répertoire. Une ligne sur la liste des choses à faire. Bientôt. Je ne t’oublie pas.

 

Mais qui suis-je donc, pour vous ? Qui êtes-vous, pour moi ? Le contour flou d’un réel. Une distance infranchissable. Un temps d’un autre rythme. Libertés égales deux à deux.
Qui êtes-vous ? Qui êtes-vous ? Qui êtes-vous ? Je vous ai connu nu et amant.

 

Avant, vous étiez des mots, des éclaboussures de vos autres vies. Avant vous étiez charmeur et attentif. Curieux de moi pour rassurer. Vous et moi. Moi ou vous. Curieux et attiré, par des parcelles floues d’envies, par une lumière vacillante, par des reflets de moi, par les projections de vos désirs.

 

N’êtes vous qu’un courant d’air, qui reviendra, quand bon lui semble ? Car, je vous laisse cette liberté. Celle d’être comme bon vous semble. Bon ou mauvais, d’ailleurs. Plaisant ou non. Non, même pas. Vous êtes libre de cette liberté que vous vous êtes accordé. D’une liberté qui m’attire comme un papillon fou de lumière. Je m’en brûle les ailes. Je m’en branle le con.Je ne vous réclame rien. Je vous laisse m’offrir le bon vous semble. Et, parfois, la portion de vous qui m’est dévolue, est, si congrue, qu’elle réveille ma faim, sans ne m’offrir aucun réconfort. Je vous laisse libre. La seule manière de  posséder l’absolu.

 

Qui êtes vous pour moi ?
Un être entier que j’aime pour partie
Un corps à lécher, encore
Une suite à barioler
Un sourire à faire éclore, encore
Un contour à faire giclé de couleurs.
Un lâcher prise à recueillir, un peu plus encore
Un goût d’inachevé.

J’aimerais vous donner fin. Finir l’œuvre. Lui donner un contour flamboyant. Je voudrais étaler les couleurs de la luxure. Puis, vous achevez en toile de fond de ma vie. Séparation, belles aventures, promesses inconfortables et créatives d’une nouvelle œuvre. Fin.
J’aimerais vous donner faim. Pour continuer à mordre notre ouvrage. Pour le remettre sur le métier. Cent fois encore. Ne vous méprenez pas. Je ne vous pleure pas comme une veuve. Ni comme une promise délaissée. Je ne file  pas ma chatte. Je n’en fais pas une salle d’attente.

Ce matin, je suis lionne en manque. Manque de prise à cru. De cul pris sauvagement. Et vous, vous que j’aime bien, vous êtes sur d’autres rivages. Vous m’auriez baisé. Je vous aurais joui. Nous aurions rugi comme des évadés.


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