De rêves et de clefs 2


amoureuse-dependante

La rue est accueillante, belle et pavée. Une grande bâtisse de façade classique est longée d’un muret de pierres où sont assis ma famille et mes amis. En face, nous nous racontons des choses amoureuses, toi et moi. Tu me dis comme que tu as les clefs de la tour tu pourras la faire visiter. C’est une ancienne prison, dis-tu, une prison pour les délits sexuels. La tour est dans la bâtisse. Je propose, guillerette, que tu nous guides à l’intérieur, ma famille, mes amis et moi-même. Je dis ces mots à ton oreille. A ton tour, tu me glisses à l’oreille que tu veux pas faire cette visite dans ces conditions, que tu préférais un moment où nous serons rien que tous les deux. Aujourd’hui, tu n’as pas le temps, tu as une affaire à boucler à Paris. Alors, tu m’embrasses le cou, de tous petits baisers tièdes. Je bascule la terre en arrière pour que ta tendresse ait toute la peau disponible. Derrière nous, les personnes, assises sur le muret, manifestent leur bonheur.

Nous marchons ensuite dans la rue et passons devant l’entrée de la bâtisse. C’est un large porche  pouvant laisser passer des voitures. Une grille cadenassée en ferme l’accès. Puis, un peu plus loin, une deuxième grille porte, elle-aussi, un cadenas. Et derrière cette seconde grille, il fait sombre. Je suis amoureuse. Et c’est bon l’amour.

Depuis, ce matin, ce rêve me hante. Je t’ai reconnu. Enfin j’ai reconnu la projection que je fais de toi, le morceau de lit partagé, la connaissance commune, la bonté et la simplicité qui se dégage de ta présence, ton intelligence et ta douceur. Car je te connais pas, je te connais pas tes noirceurs, je ne connais pas tes hésitations, ni les espoirs de ta vie.

Depuis ce matin, ce rêve me hante, de délits sexuels et de cadenas. Ma porte est ouverte, pourtant, aux vents sexuels, à ceux que j’accepte en ma demeure. Ma porte s’ouvre et je marche sur les routes pavées de bonnes intentions. Et si l’amour était la prison ?

Ce rêve me hante, mais la clef n’est pas dans mes réflexions mentales. La clef de mon cœur est mon corps. Puis, la clef du corps est le cœur. Et recommence le manège.


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