De la fellation 8


Appollonia Saintclair

J’ai faim. Tu es dispo ? J’ai faim, mais je ne te le dis pas. Dans ton appartement, tu veux bien prendre un café avec moi ? Un café, cette blague. Il y a des grains moulus et mon décolleté. Fais gaffe, je suis chaude comme une frite croustillante. J’ai les yeux qui salivent. Ils te troublent, je le sais. J’ai le sourire fauve des filles sages. J’ai les crocs, une perle de cyprine sous la paupière.

Ma main se pose sur ta cuisse. A travers la toile de ton jeans, je vois que tes mots sont que des politesses civilisées. Mes cinq doigts décrochent ta ceinture. J’adore faire cela d’une main. Non non ne m’aide surtout pas. Que disais-tu ? Je fais sauter le bouton, la braguette glisse. Tes doigts s’insèrent dans le noir tissu. La surprise est belle, large et puissante. Convoitise.

J’en ai l’eau à la bouche. Ma langue est autour de ton gland franc et haut. Je le sais, la large va me donner des sensations de plénitude. J’ai le coup d’œil. Elle est à ma taille. Je te souris, mais tu ne sais pas que tu as réussi l’évaluation de la pas-trop-longue. Je suis crue dans ma tête, et toi tu aimes mon sourire, la langue et l’audace.

Ce n’est pas de l’imprudence, c’est de la faim. Je joue avec elle. Je fais le tour, je reviens, je lape, je joue, je descends, je monte. Je veux te sentir. Je veux ta peau. Tant pis pour le style, pour les mots. Il ne reste que tes palpitations entre mes lèvres.

Ne me touche pas. Ne touche à pas à mes seins. Ni à mon sexe, ni à rien du tout. Laisse-toi faire. Juste ça.  S’il te plait pour ton plaisir, tais-toi donc. Mais, je ne peux plus dire, ma bouche est pleine de toi.

Je descends jusqu’au plus bas, plus rond, plus granuleux. Je lape encore. Ne bouges pas. Regarde, ressens. Ne fais rien. Je remonte chaque veine des mes doigts, songeuse. Un quart de seconde, je pense à toutes les autres filles qui sont passées avant, les meilleures suceuses du monde, celles qui te laissent pantois, alors que je ne sais que jouer avec toi.

J’ai le sexe qui palpite.

Tu veux bien venir ?

S’il te plaît ?

***

illustration : Appollonia Saintclair


Si tu as envie d'écrire, j'aurais plaisir à te lire

8 commentaires sur “De la fellation

  • MarieTopic Auteur de l’article

    @Maya : c’est un vrai plaisir que de provoquer des frissons
    @SirA : Et encore tu n’as pas testé en vrai #Ego
    @agildormi : qu’est ce que tu as compris, du coup ?

    • Jean Dormil (@agildormi)

      J’ai toujours tenté de me projeter dans le regard et les envies de l’autre pour les comprendre et les partager. J’ai toujours eu du mal à rester sans bouger, sans agir, « esclave »…. Ce point de vue m’aide à comprendre le plaisir qu’on peut y prendre, qu’il peut parfois être important de ne pas bouger. Et je m’y adonne plus souvent depuis…
      Et je me pose depuis toujours la question de la taille « idéale », tu ajoutes de l’eau à mon moulin. Merci :)
      Désolé pour cette réponse avec à peine 3 ans de retard…… ^^

  • Gier 13

    Je me souviens d’un post assez ancien où vous évoquiez vos limites sur la question !
    Je vois que vous avez travaillé la chose. Avec délice semble t’il …en tout cas vos mots qui parlent de cette chose délicieuse sont délicieux !