Voyage


Absurde 8

      Les sirènes sont au bord de mon lit. Elles chantent la peur, elles chantent les tourments, elles chantent l’alarme d’incendie. Au bord de mon lit, elles sont assises toute vêtue d’écran plat et de mots à en plus finir. Je me lève. Les sirènes sont assises face à moi dans le café. Un petit noir, s’il vous plait pour accompagner mon livre. Elles me poursuivent, elles poursuivent les hommes dans leur retraite. Elles parlent en continu, disent ce qu’elles croient voir par le petit bout de leur objectif, interprètent en continu sans silence. Elles chantent la peur, toutes vêtues de blousons et de micros. Je me lève. […]


Place Vendôme 15

Leone Frollo Le nez enfoui dans ton torse, je te dis au revoir rue de Rivoli, le long des arcades. Nous avons fait le tour de la place Vendôme en voiture, à ma demande. C’est pour moi une sorte de rituel, de pèlerinage, que sais-je. J’aime cette place, ma mère, la vie d’avant, tout ça. Nous venions de déjeuner près de l’Étoile sur une petite place qui fait de Paris un village. Dans ce restaurant, une clientèle d’habitués et nous deux juste pour le déjeuner. La serveuse était jolie, altière et aimable, avec un sourire à faire frémir les sabots d’un cheval. L’air était doux et ta présence délicieuse. Le […]


Pas de fumée sans innocents 9

Je vous laisse démêler le vrai du faux.  Deux textes, Une seule histoire vécue. Innocent le tricot à grande vitesse (suivez le lien) TGV, GTV Dans ce train au long cours qui remonte du soleil en croisière de chlorophylle, qui tangue doucement de son ventre encore vide sur les kilomètres d’acier brûlant, l’ordinateur facétieux vous a attribué l’ultime compartiment. Il est vide, comme toute la voiture est vide. A moi aussi il a désigné cet exil. Je vous y rencontre, seulette et souriante, partagée à ma vue entre surprise et curiosité. Il y a huit sièges face à face dans ce dernier réduit du train tout neuf. J’aurais pu prendre […]


Scotchée

Dans l’ascenseur, nous sommes trois grâces serrées en sardines. Galant, tu nous as laissé la place et descend l’escalier à pied. La sylphide a pris l’ascenseur précédent. Je suis contre toi l’épouse et près de toi la nudité temporaire. N’importe quel voisin aurait vu, trois copines, qui rentraient un peu tard : deux pantalons, une robe ; deux cheveux courts, une chevelure longue ; un sac à dos, deux sacs à main ; deux cigarettes. Trois brunes à la graine artistique.   Toi l’épouse, j’avais contemplé toute la soirée ta sensualité naturelle, de celle qui se vit pour soi-même et pas en démonstration. Simples et magnifiques courbes. Toi la toile vivante, j’avais […]