Textes érotiques


Jachère

Terre sèche, désert jaune, la poussière se soulève les sabots de l’ennui. Les rêves ne sont plus des oasis où la main plonge dans l’onde. Le son des galops raisonnent au loin, poussière dorée des lointains qui jouent encore. La corde se dessèche aux soleils perdus. L’énergie a fondu, elle se craquèle sous la chaleur des sexes enfuis. Saison des pluies, têtes trempées, la boue se colle aux ennuis. Les rêves même sont noyés sous la diluvienne. Les mains ne trouvent que les ondes qui dégoulinent des yeux mauves. L’eau assourdit le son des joueurs de surface. Ils s’amusent, ils claquent les peaux et enfilent des amants au corps large. […]


L’abricot de Marguerite

Pourtant, c’était bien lui Faust qui l’avait invitée ! Ne t’inquiète pas, avait-il dit, même si tu ne connais personne, tu pourras t’amuser. Et elle se retrouve quasi seule à table ! Chaque fois que Marguerite accepte ses invitations, elle se retrouve dans des situations loufoques. Ce soir, quel ennui ! Et les convives sont d’une impolitesse rare ! Ils sortent de table à tout moment, sans raison. Et ce petit manège dure depuis que les entrées ont été servies avec soin par leur hôte gourmet. Autour de la nappe aux bordures ajourées, il ne reste qu’un silence pesant, un dandy plongé dans son portable et cette femme troublante. Où est encore passé Faust ? […]


Jeunes hommes 1

Debout, il ramasse sa trousse et la fourre dans son sac à dos. Il ne ressemble à rien. Disons à rien de précis. Non à rien, selon les critères de beauté moderne que nous ingurgitons sans même y prendre garde. Vingt-ans plus tôt, je ne lui aurais jeter ni un œil ni une langue au chat. Rien. Il est là devant moi et il me trouble. Il consulte l’agenda  de son voisin. Des mains simples. Une tête ronde sans relief particulier. Un vêtement banal. Une paire de basket. Jeune, deux fois plus jeune que moi. Vif et droit. Mes yeux sans cesse reviennent vers lui sans comprendre. Pas de corps […]


Douche 4

La pluie aviez-vous dit, sur nos peaux nues, l’eau qui ruisselle, les fantasmes simples et doux, la pluie sans le rhume, nous avions souri. J’aime la pluie sous un velux, au chaud contre un torse. J’aime l’eau qui frappe aux carreaux sans que personne ne lui ouvre. J’aime la persévérance de la pluie qui ne se décourage pas face au dédain qu’elle subit. Mouille le toit. L’eau coule sur nos peaux nues. Derrière la porte de verre, nous avons laisser nos rythmes effrénés, les files de voitures et le travail à même les claviers. Le pommeau de douche distille une chaleur bienveillante. Il n’y pas de savon dans la roulotte. […]