Poésie


Mes œufs 3

La porte était ouverte. Il faisait froid dans la maison, humide et uniforme. La porte était jaune, alors je suis passée au travers. Dans le jardin, la foule avait disparue, l’herbe était gaillarde au soleil tiède. J’ai respiré. Le brise se dessine sur le jeune visage des feuilles. Je progresse de quelques pas, pieds nus. Le sol est d’une douce rugosité fine. Sur mes joues, les larmes collées s’évaporent. Là, au pied d’un jouvenceau aux branches frémissantes, un ovale rosé est posé sur l’humus odorant. Je m’approche. L’herbe caresse la plante de mon pied. Au loin, le ciel frisonne d’un bleu ni vert ni gris. Je fais glisser l’ovale dans […]


Et on danse

Et on danse comme si c’était fini Et tu danses et je danse Comme si la vie avait un sens Et on danse comme si c’était Et tu danses comme la vie était Je n’ai pas les mots, je n’ai pas la comparaison, je n’ai pas la raison Et on danse comme si la vie était finie Comme si elle allait revenir Sais-tu où est la sortie Où est la piste de chance ? Je n’ai pas les mots, je n’ai pas la comparaison, je n’ai plus de raison Marche sur les étoiles en transe Danse, demain sera immense Roule ta boule comme si c’était Pose ta main comme le […]


Le mot et la poésie 3

Vous avez envie d’une poésie, n’est-ce pas ? Une poésie avec des formes, des creux et des reins. Je voudrais être la poésie de vos envies, la poésie qui marche sur l’eau et prends soin de vos œufs. Les mots ne sont qu’un peu de pain dans un ravin pour nourrir des oiseaux perdus. Sous les pages bleues, les vers décorent les absurdes. Et soudain, l’émoi s’écrit frisson sur votre peau. Ce n’était rien qu’envie, rien qu’un vit qui bât la mesure des cœurs perdus. Il fallait réduire à néant la mort, déchiqueter les peurs à coup de saveurs. Sur le vif, j’ai pensé que la pluie ne reviendrait jamais. […]


La femme forte 5

Tu es la femme forte des nuits enchantées, et la longue nuit  de l’amour. Derrière les peines, après les peines, ta vie est larmes et  jouissances, joies pures et plaisirs oblongs. Sous tes yeux dansent les instincts latins aux rythmes langoureux. Le long de ton rimmel coule la passion. Ta liberté se dessine, noire, sur les paupières. Tu ne portes pas de culotte, pas plus que tu n’appartiens à un homme. Il faut pleurer de la poussière pour sourire à la lumière. Ton chemin était le leur, ta route se trace au rivage des lèvres écarlates. Pieds nus, tu peux vivre sans hommes dans ton obligation. Seins nus, tu veux […]