Poésie


Sans halte 6

Il y aurait encore le parquet sonore et le son du piano grave la voix de l’homme le désir à même les peaux mon sexe contre le vôtre se perd de soupirs sexes nus l’étape votre gland contre mes lèvres pas encore ce n’est pas le temps des ébats si loin Contre la table peut-être le lit c’est la dernière halte de repos celle des couples le salon c’est au début je dis tout cela mais c’est faux dans ma tête je vais du lit à la nuit sans être mariée ni même avoir envie de couple. C’est étrange toutes les saveurs de votre sexe mouillé sur le coin de […]


Mes œufs 3

La porte était ouverte. Il faisait froid dans la maison, humide et uniforme. La porte était jaune, alors je suis passée au travers. Dans le jardin, la foule avait disparue, l’herbe était gaillarde au soleil tiède. J’ai respiré. Le brise se dessine sur le jeune visage des feuilles. Je progresse de quelques pas, pieds nus. Le sol est d’une douce rugosité fine. Sur mes joues, les larmes collées s’évaporent. Là, au pied d’un jouvenceau aux branches frémissantes, un ovale rosé est posé sur l’humus odorant. Je m’approche. L’herbe caresse la plante de mon pied. Au loin, le ciel frisonne d’un bleu ni vert ni gris. Je fais glisser l’ovale dans […]


Et on danse

Et on danse comme si c’était fini Et tu danses et je danse Comme si la vie avait un sens Et on danse comme si c’était Et tu danses comme la vie était Je n’ai pas les mots, je n’ai pas la comparaison, je n’ai pas la raison Et on danse comme si la vie était finie Comme si elle allait revenir Sais-tu où est la sortie Où est la piste de chance ? Je n’ai pas les mots, je n’ai pas la comparaison, je n’ai plus de raison Marche sur les étoiles en transe Danse, demain sera immense Roule ta boule comme si c’était Pose ta main comme le […]


Le mot et la poésie 3

Vous avez envie d’une poésie, n’est-ce pas ? Une poésie avec des formes, des creux et des reins. Je voudrais être la poésie de vos envies, la poésie qui marche sur l’eau et prends soin de vos œufs. Les mots ne sont qu’un peu de pain dans un ravin pour nourrir des oiseaux perdus. Sous les pages bleues, les vers décorent les absurdes. Et soudain, l’émoi s’écrit frisson sur votre peau. Ce n’était rien qu’envie, rien qu’un vit qui bât la mesure des cœurs perdus. Il fallait réduire à néant la mort, déchiqueter les peurs à coup de saveurs. Sur le vif, j’ai pensé que la pluie ne reviendrait jamais. […]