Poésie


Citron clair 1

Tarte au citron comme tous les lundis, mots simples et servis sur plateau d’albâtre, meringuée bien sûr pour se pourlécher les babines, acidulée comme un cunnilingus d’été Clair-obscur comme les mardis de chiens et de loups, Claire est la face obscure de ma lune, citronnée bien sûr pour se lécher les pointes, suave comme une nuit cachée A la clef, vous trouverez le jour suivant, Sodome accueille de simples jouisseuses, derrière le tronc se cache l’arbre des dons, à clef vous toucherez le sol Au clou, vous accrochez vos quatre jeudis, batifole fada des garrigues sans taille, suce la paille rêche pour trouver la rivière, drue comme la sauvage échappée, […]


La marinière de la pompière 2

La marinière de la pompière tourne les sangs la marnière de la pompière tourne boule Mes sens   Le cri de l’enfante battue du ventre glacé les cris de ses aïeux pour elle et les cieux et sa fille   Le cri de la pompière au lit contre le mur Tape les voisins La vie contre sa peau   Elle aspire, elle a dit elle aspire Tatoueuse Tatouage entre ses seins Invisible   Entre ses seins truffe fendue Croquante Entre seins choisis J’ai plongé le nez   Le camion rouge rutile Le sourire du chef  pour elle Nos rires La marinière sur moi   Respirez monsieur 1 2 3 4 […]


Langueur d’été 4

Au soleil des soirs, mes seins réchauffent le coton blanc. Au jet du matin, mes seins se dressent sous la douche. Avec application, je passe le jet sur l’un et puis l’autre, puis sur les lèvres en bas. Trois fois rien, bien moins que ton sexe entre mes reins, bien plus que la langueur de l’été en cage douce. A la lumière douce, le sein s’échauffe, dernière tiédeur avant la nuit froide et glacée. A la lumière dorée, les grillons chantent l’éternelle après-midi qui déjà s’enfuit. Chaque minute mes fesses se décalent d’un cran pour suivre le déclin du soleil, bien plus lentes que sous les coups arides et doux […]


Nature mouillée 2

Assise sur le tapis jaune, par la baie vitrée je soupire les gouttes qui restent accrochées au ciel gris. Il fait si vert que ce n’est pas l’hiver. L’herbe patiente, les tiges roses  penchent, courbées sous la douceur de la pluie. Alain chante pour le silence. Le vent caresse les feuilles aux verts d’argent. Elles frissonnent de désirs, se laissent prendre par le souffle tiède de l’invisible concupiscence. Les rameaux s’agitent et des flaques de plaisir s’écoulent jusqu’aux sols fécondés. Une balle, attachée pour amuser les nouveaux nés doux, est le pendule des longues heures vivantes. La vieille table s’effrite sous l’eau, l’immobile création humaine. Alain défonce encore l’humide pensée. […]