Méditation


T’inquiète des patrons, j’en ai baisé avant toi !

Dans quel état retrouverai-je mon sexe ? Le retrouverai-je ? Sera-t-il dur comme un bois mort ? Friable comme un cœur triste ? Le chemin s’ouvrira-t-il encore ? J’ai la clef autour du cou, et plus personne pour la descendre du nombril aux interstices. J’ai le tour de main et la langue bien rodée. Il n’y a plus de sexe dans l’enclos, soupirent les moutons planqués sous le lit. La fin de l’été sonne en printemps de pluie. L’eau de la fontaine ne se boit plus qu’à gorgée absente. Étoile de mer à large sexe affalé dans son canapé à gros salaire. Le sexe est aveugle quand il a faim. […]


Je t’aime et fais ce que tu veux 3

Je t’aime ici là, contre l’oreiller à ton oreille, je t’aime de jouissance, tu donnes tant du bout de toi, je t’aime de toutes mes entrailles. Je t’aime pas pour la nuit des temps, je t’aime pour la nuit de ce temps-là. Je t’aime, tu es une belle personne pour ici entre ces murs-là, pour ici sur cette place baignée de la lumière du soir. Je t’aime dans ce jardin public mes cuisses entre tes hanches, au milieu de la foule nous sommes un couple de ce temps-là pas de demain. Je t’aime car le bonheur ne se retient pas. Mais je ne te le dis pas. Tu  vas entendre […]


Nature mouillée 2

Assise sur le tapis jaune, par la baie vitrée je soupire les gouttes qui restent accrochées au ciel gris. Il fait si vert que ce n’est pas l’hiver. L’herbe patiente, les tiges roses  penchent, courbées sous la douceur de la pluie. Alain chante pour le silence. Le vent caresse les feuilles aux verts d’argent. Elles frissonnent de désirs, se laissent prendre par le souffle tiède de l’invisible concupiscence. Les rameaux s’agitent et des flaques de plaisir s’écoulent jusqu’aux sols fécondés. Une balle, attachée pour amuser les nouveaux nés doux, est le pendule des longues heures vivantes. La vieille table s’effrite sous l’eau, l’immobile création humaine. Alain défonce encore l’humide pensée. […]


Barbare 1

Entre mes cuisses se logent mes préjugés au crâne rasé. Il étrenne sa barbe fraichement rasée, douce caresse sur mes lèvres lisses. Il se barbouille de mouille. Entre mes cuisses mes préjugés se sont éteints. Ils sont de beaux yeux à l’âme des profondeurs. Je contemple. Ce sont des courbes et des dunes, blanche et crème. Ma peau glisse du haut de mon genou à la rencontre son épaule. Noir, noir est le corbeau de chance, sur son épaule granuleuse. Blonde est sa barbe de barbare assagi, trait d’union nordique entre les peurs d’aujourd’hui et les craintes du passé. On disait d’eux qu’ils venaient, assoiffés de crânes, armés de bateaux […]