triolisme


Double J 6

    C’était une chambre avec vue sur grue, c’était trois corps et un double masculin, c’était mon doigt qui bataillait en toi pour tenir le fortin jusqu’à ce que tu rendes les armes, c’était mes jambes écartées qui campaient sur leurs positions. Et toi qui nous regardais. Là-bas, sur le quai de gare, nous avions perdu l’anonymat de nos visages. Comme avec toi. Nous avions déjeuné. Comme avec toi. Nous n’avons pas monté de tour. J’ai ôté mes chaussures noires pour les remettre. Les mêmes chaussures plates, les mêmes chaussures rouges. Je suis à la fenêtre pour contempler la ville. Comme avec toi. Ici, je suis nue et j’ai […]


A pleine bouche 18

Je voudrais vous parler d’elle.   De son sourire sur la photo qu’il m’a envoyée. Ce désir aux lèvres qui m’a fait dire oui. Ce sourire mutin retrouvé quand naissait l’envie par dessus les mets fins. Des yeux rieurs, bouches gourmandes. Et, comme j’ai aimé son regard au-dessus des lunettes. Si elle fait ça, me dit-il entre deux banalités convenables, c’est qu’elle a envie de me sucer. Méfies-toi, c’est pour toi aussi. Elle a ri à gorge déployée.De sa voix rauque de fumeuse, son ton net et précis arrimé aux lèvres. La fumée de ses lèvres légère au vent. La fumée hypnotique et bleutée alors qu’elle nous regarde en fumant […]


Sodomie 18

Assise sur tes genoux, je n’en finis plus de jouir. Je ne me souviens plus, bel ami quand tout a recommencé, ni même le nombre de nos coïts précédents. Il y a du parquet, un fauteuil de cuir marron. La dernière fois que tu m’as enculée comme des gens civilisés aux bas ventres enragés, c’était sur un canapé de cuir marron au milieu d’un couloir, dans un autre lieu. J’ai eu les fesses rouges, j’ai râlé, j’ai failli en hurler je t’aime, le tout jusqu’à ce que tu rendes les armes et que nous allions tranquillement prendre un verre au bar. Ou bien, c’était ailleurs encore. J’ai le ventre déboussolé […]

bruno pornopia

Vols à l’étalage 9

Je te vois dans le rétroviseur. Tu fumes, la tête dans ton portable. Tu ne m’attends pas. Je ne pensais pas te retrouver sur le parking. Ce hasard est à déguster d’urgence. Je m’avance vers toi. Tu me reconnais. Tu as l’air content. Je ne comprends que le lendemain, ton allusion à ma voiture, où tu parles de m’y rejoindre. Je préfère une chambre, que je réponds bêtement, alors que tu me disais « on aurait pu/j’aimerais/il faudra passer du temps ensemble, rien que nous deux». ****** Ascenseur. Profites, dis-tu, il est rapide. A peine un étage. A peine le temps de retrouver tes lèvres. Couloir et porte de chambre […]