libertinage


Les treizièmes rugissants 1

J’ai aperçu la lumière douce caresser les toits gris. J’ai poussé les rideaux d’opaline. Côté cour, les murs dorés présentaient leurs fenêtres entre-ouvertes. Côté jardin, le bal se dessinait sur une pince à linge vierge. J’ai respiré les fromages des contrées, le nez à même l’assiette, instinct décuplé. Sur mes papilles, la langueur d’une pâte forte diffuse des parfums de chair. Puis, j’ai vu la lumière courir sur le paquet sombre. Je n’ai vu aucune chaussure d’homme, aucune. Tu ne peux pas savoir, toi. Des chaussettes noires parcourues d’un liseré blanc, des chaussettes tigrées, des chaussettes noires au bout rouge, mais pas une seule chaussure masculine. Tu ne peux pas […]


Sauter aux yeux

Vos yeux. Mes yeux. Vos yeux. Mes yeux encore. Je ne sais pas que vous portez des pulls beiges si classiques, ni même que vos chaussures sont belles. Juste belles et noires. Je ne sais pas encore que votre langue a le goût du tabac. Je ne sais rien que la main de cette femme qui me caresse les seins et tente de saisir mon regard. Ses lèvres contre les miennes se collent. Sa peau est une pierre trop lisse. Mes yeux. Vos yeux. A quel moment l’eau se change en feu ? Sur mon cou, vos lèvres courent la partition mordillante. J’oublie la femme aux seins de marbre, je […]


Pornographie

Ce sont des peaux, ce sont des mains. Celles qu’on accepte, et celles qu’on refuse. Elles sont douces, habiles, excitantes, rebutantes de demandes incessantes.  Là où le sexe fait foi, seule la séduction fait roi. Une langue pointue  sort d’une bouche inconnue. Un sexe pénètre un autre tandis qu’un autre, encore, sous le vit fait mimine. Alors, sous le beige de vos peaux, l’inconnu improvise, il prend ma bouche pour la coller à son sexe. Et tu m’embrasses. Et je lèche. Et nos deux langues. Je quitte la place. Et, toi l’homme, tu suces l’homme. Son sexe entre et sort de lèvres masculines. Et moi, je contemple, la beauté des […]


Jouir de toi 4

Fondre de désir, à gorge tendue à main enserrée, à peine. Ta main cherche la limite, ta main inconnue, ma gorge offerte. Assise sur le bureau, les jambes écartées, mes doigts dans l’intime moi, mes bas tirés, les talons plantés au moelleux des fauteuils et la guêpière à cran, assise sur le bureau, c’est un spectacle loin de moi. Ton torse nu et tes belles chaussures de daim marron, ta chemise ouverte sur corps nus. Les yeux fermés. Ta main sur la gorge, puissante emprise esquissée. Ta bouche à fleur d’envie, ta bouche désire ma langue, ma bouche se tient loin. Plus tard. Mes ongles sur le cuir de ton […]