Jouissance


Jouir de toi 4

Fondre de désir, à gorge tendue à main enserrée, à peine. Ta main cherche la limite, ta main inconnue, ma gorge offerte. Assise sur le bureau, les jambes écartées, mes doigts dans l’intime moi, mes bas tirés, les talons plantés au moelleux des fauteuils et la guêpière à cran, assise sur le bureau, c’est un spectacle loin de moi. Ton torse nu et tes belles chaussures de daim marron, ta chemise ouverte sur corps nus. Les yeux fermés. Ta main sur la gorge, puissante emprise esquissée. Ta bouche à fleur d’envie, ta bouche désire ma langue, ma bouche se tient loin. Plus tard. Mes ongles sur le cuir de ton […]


L’invité aux ébats 5

Je t’ai souri comme une invitation. Tu as souri en réponse. J’ai fermé les yeux, un immense sourire est né dans mon âme, et je t’ai tendu la main sous l’eau trouble du désir. Alors, sur ma nuque, ton pouce et ton index dessinent un H dont la barre était entre tes cuisses. Ma chatte sourit, mon dos ronronne. Rien, tu ne fais rien d’autre que ce mouvement de bas en haut sur le long de ma nuque. Tu n’as pas fichu tes doigts à mes lèvres sans sommation, tu n’as pas même frôlé mon sein nu. Le temps s’écoule infini le long de ma colonne vertébrale. Je te souris. […]


Jouir d’Or 5

Entre vos doigts, je suis Cléopâtre, reine de mes sens, lascive de nuit et faible de la chair. Elle chante, la cantatrice, et ses mots entre, deux doigts, me parviennent, précis. Vous sexplorez, je vous guide à peine, je vous sens tâter la droite ou la gauche, la vitesse ou la lenteur. Vous emplissez mes sens. Je ne vous aiguille pas, j’abandonne le présent pour le retrouver ailleurs. Il est de l’or au bord de mes seins, de l’or entre mes seins, de l’or en haut de mes cuisses, du nylon le long de mes jambes jusqu’au bout des orteils. Il est un doigt, ou deux ou trois et mon […]


Les yeux d’huitre 8

Je voulais vous dire, monsieur, mon abandon, et, aussi, mes yeux plantés dans les vôtres quand viendra l’heure de la jouissance. Je voudrais vous dire ma pudeur et ma totale nudité, les yeux fuyants puis fermes. Fragile parfois, à fleur de peau et solide de chair arrimée, feulante comme douce à la bouche mordante. Je vous dévorerai tout nu.     Tableau de Nathalie Picoulet, maitre pastelliste