jouir


O temps emporte les digues !

  Pendant qu’il est trop tard, viens petit amant du samedi, viens lécher mes doigts, un par un. Alors que s’écoule la nuit, mange chaque parcelle de mon avocat. Entre mes cuisses, dévore les réponses à tes questions. Mais déjà, il est trop tard. Tu es devenu adulte entre mes mains. Quand tu rentreras chez toi, ta mère devinera, aux ridules de ton sourire, que ton sexe est mou, flasque de vide. Demain matin, les livreurs de lave-vaisselle vont passer. Tu ne devrais plus être là, mais entre mes draps aux aurores, j’aurais avalé tes frayeurs nues. Ils sonneront. Et toi, tout endormi des sueurs de nuit, tu ne sauras […]


Dixit

Sur la carte à jouer, un escalier rouge grimpe. Dès que je vous ai aperçu, monsieur, mon sexe s’est approfondi. Vous portiez un pull marron, un peu élimé, un pantalon de velours beige et des chaussures de marche. Sur un coin de table, vous déposez une polaire bleu marine, et mon sexe imagine le vôtre nu comme un ver, brillant à bout, rosée du matin à recueillir. Je ne voulais pas vous déranger avec mon œil si poli qu’il en est malhonnête, alors j’ai évité le vôtre, marron sous une châtaigneraie. Nous avons échangé deux mots au bar. La serveuse est si jolie que mes entrailles fondent son sourire mais […]


Vulpes 2

De sa langue, il ouvre grand ma plage. Ses doigts m’emmènent sur le sable si dur de mer retirée. Nos semelles s’y enfoncent à peine. Sous nos pieds crissent les coquillages abandonnés. Mes cuisses sont aussi large que l’horizon. Dans la ligne de fuite, trois cylindres se dessinent dans l’air camaïeu. Des mouettes et des goélands se jouent des vents ardents. Je ferme les yeux. Le beige et le rose se mêlent en une danse tandis que la pluie perle sur nos manteaux de fourrure. Sais-tu comme les jeux des corps m’ouvrent d’immenses paysages ?Je vois la mer tandis que ma main se promène dans ses cheveux frisés. J’aime m’y […]


Gueule de bois

Dans l’évier s’écoule du mauvais rosé. Son de liquide et d’air jusqu’au vide. Même mauvais, le vin enivre la soirée. Il était beau et coloré. La bouteille dénuée rejoint le sperme conservé dans un petit sachet oblong et noué. Je lie les fils jaune du sac noir. Il ne reste qu’à jeter les souvenirs dans la poubelle de la rue.  Hier encore, la chaleur nous avait couché sur les tapis bleus et gris. La chambre était trop haute, trop chaude, trop intime, jaune et grise. Il était orange et craquelé. C’est à la fenêtre que tout a commencé. J’ai regardé la rue, montée sur le marche-pied, le cul moulé dans […]