jouir


Vulpes 1

De sa langue, il ouvre grand ma plage. Ses doigts m’emmènent sur le sable si dur de mer retirée. Nos semelles s’y enfoncent à peine. Sous nos pieds crissent les coquillages abandonnés. Mes cuisses sont aussi large que l’horizon. Dans la ligne de fuite, trois cylindres se dessinent dans l’air camaïeu. Des mouettes et des goélands se jouent des vents ardents. Je ferme les yeux. Le beige et le rose se mêlent en une danse tandis que la pluie perle sur nos manteaux de fourrure. Sais-tu comme les jeux des corps m’ouvrent d’immenses paysages ?Je vois la mer tandis que ma main se promène dans ses cheveux frisés. J’aime m’y […]


Gueule de bois

Dans l’évier s’écoule du mauvais rosé. Son de liquide et d’air jusqu’au vide. Même mauvais, le vin enivre la soirée. Il était beau et coloré. La bouteille dénuée rejoint le sperme conservé dans un petit sachet oblong et noué. Je lie les fils jaune du sac noir. Il ne reste qu’à jeter les souvenirs dans la poubelle de la rue.  Hier encore, la chaleur nous avait couché sur les tapis bleus et gris. La chambre était trop haute, trop chaude, trop intime, jaune et grise. Il était orange et craquelé. C’est à la fenêtre que tout a commencé. J’ai regardé la rue, montée sur le marche-pied, le cul moulé dans […]


Te faire l’honneur 3

Devant moi défilent les hommes de ma vie. Vingt-ans déjà. Vingt-ans et tout semble recommencer. Le sexe ne trouve pas son chemin, les peaux piquent et collent. Tout revient. Les corps ne se parlent. Personne ne sait comment l’amour se faufile entre les grandes lèvres. Pourtant aujourd’hui, je sais. Il ne faudrait jamais commencer à s’attacher avant d’essayer les corps. Tout les hommes de ma vie défilent dans la chambre à coucher aux murs écaillés. Cette histoire ne m’appartient pas, je dois fuir ces lits de complaisance. Ils étaient sexe triomphant. Ils étaient mon dos collé au mur, et leur désir au fond de mon cou. Ils étaient lèvres ardentes […]


Douche 4

La pluie aviez-vous dit, sur nos peaux nues, l’eau qui ruisselle, les fantasmes simples et doux, la pluie sans le rhume, nous avions souri. J’aime la pluie sous un velux, au chaud contre un torse. J’aime l’eau qui frappe aux carreaux sans que personne ne lui ouvre. J’aime la persévérance de la pluie qui ne se décourage pas face au dédain qu’elle subit. Mouille le toit. L’eau coule sur nos peaux nues. Derrière la porte de verre, nous avons laisser nos rythmes effrénés, les files de voitures et le travail à même les claviers. Le pommeau de douche distille une chaleur bienveillante. Il n’y pas de savon dans la roulotte. […]