Fougue


Ranchero 1

Il m’a mis sur les rails, les jambes écartées. Il m’a attachée au poteau, les jambes écartelées. Certains voyages ne sont pas organisés. J’étais sur une glissière et je ne pouvais plus bouger, presque plus. Je l’ai regardé tourner autour de moi, des sangles au bout des bras. J’ai entendu les accroches de fer. J’ai senti le cuir qui enserre. J’ai soupiré aux enfers proches. Les murs sont rouges, soudain le noir. La lumière passe par six petits trous. Ce sont des phares auxquels je me cramponne. Ils me rappellent que dehors existe encore. Ils laissent passer l’air frais et laisse filer l’air vicié. L’étau se resserre, les lacets évacue […]


Garçonnière 1

Appuyée contre le mur blanc, tu me fais bander, je l’entends défaire la boucle de sa ceinture. La fermeture a sauté aussi, avant moi. Dans le noir des sensations, dans la douceur de la lumière, contre le mur et au bord de la cour blanche, je glisse ma main vers ce pantalon ouvert. Sa peau est à même le jean, élastique tendu.  Je souris à la nudité des aplats blancs, ma paume est heureuse. C’est un voyage en terre connue. Sa chemise est à boutons pression. Ma robe est à boutons pression. Son sexe est juste caché par le tissu de son pantalon. Mon sexe est juste caressé par le […]


Opale 5

Mais comme tu es parti, je vais faire repousser ma chatte. Il y aura des poils partout entre les dents des autres. Même entre leurs côtes, je faufilerai mes poils. J’en mettrais plein les draps blancs, des poils noirs comme s’il en jaillissait de mes flans abandonnés. Partout, bordel ! Entres mes cuisses, l’insolente toison dépasse même de la culotte, conquiert mes cuisses, poil par poil, noir sur ma peau trop blanche comme une opaline fragile. Dans ton cul, l’opale. Adieu, et vive les poils, écrirai-je sur mon fronton avant que le blanc de mes cheveux deviennent une auréole décrépie. Je loverai mes vergetures entre les cuisses des femmes fermes […]


Le gros rôle 2

D’un coup, le con s’égaye, cul tendu et mains rudes. D’un coup sans prévenir. D’un coup les doigts apprentis, féminins, branleurs, et s’envole de mains en mains, de majeurs en mineurs, ça vit au fond là-bas. A nouveau, enfin, adieu aussi entre tes mains. La peau cuit un peu. Le cerveau fond. La chaleur dégouline de tes désirs jusqu’au sourire des fesses fermes. Il rit le bonheur entre les rythmes de cœur. Je me suis bouché les oreilles pour ne pas entendre, les fesses au ciel déjà, ne pas entendre que tu demandes. Je ne veux pas savoir. Elles sont deux, joyeuses voyeuses. Et puis s’en va, les petites marionnettes. […]