sexe et émotions


Peintre de langue 1

Dans la ville, nous avions traversé les fleuves enfouis. Je tentais de suivre le flot de tes paroles qui s’accrochait aux rochers, de temps à autre quand la vague submerge. Surtout, je ne voulais pas finir tes rêves avant que tu ais pris le temps de les prononcer. Grand homme des cavernes, gaulois érudit, peintre rupestre aux doigts habiles mais je ne le savais pas encore. La ville nous entortillait de ses allées. Elle nous ramenait aux souvenirs tout en nous plongeant dans un futur doux et simple. Elle était à nos côtés. Nous avons fait plusieurs fois le tour de nos citadelles. J’aime les yeux clairs quand j’ose y […]


Apprivoise-moi 2

Hameçon double où nous sommes tour à tour pêcheur et poisson. Apprivoise-moi, dit le renard. D’un mot à l’autre, nos peaux se rapprochent sans rien savoir de l’avenir habillé ou nu. J’attrape ta ligne, je la tire en douceur. J’attrape tes entrailles, je les tire en douceur. D’un frôlement à un souffle, ton âme s’approche de la mienne. D’un fil à l’autre, les bras se rapprochent. Au-dessus de vos seins, je dresse le cordon de nos ententes. D’une suavité à l’autre, nous susurrons nos liens. Attendre sur la berge que le chemin se fasse pour vous, que votre détour et vos contours arrivent au rivage. Je veux que mon hameçon […]


Indicible sexe 3

Il flotte du bonheur, doux et intense. Je n’ai pas envie d’écrire ce qui s’est passé. Les mots, je les trouverai à coup sûr car tant de fois j’ai dévoilé l’indicible sexe. Je veux profiter de l’instant présent, de nos instants présents. Et, déjà, j’en ai trop dit. Silence et sourire. Je voudrais dire qu’il ne faut pas avoir peur. Mais ce n’est qu’une tentative pour saisir. Je voudrais crier qu’il faut lâcher-prise mais ce n’est qu’une injonction. Être. Silence et émoi. La patronne m’a raconté sa vie. Elle avait préparé un petit-déjeuner pour des amoureux. Comme dans la chanson. Elle s’est excusée dix fois pour hier soir. Mais ce […]


Timide ode 1

Escalier ou ascenseur, les deux ont leurs charmes érotiques. Escalier, ai-je dit. Il est beau, a-t-il répondu. Il est  dentelles blanches sous mes talons noirs. Je remonte le pan de ma longue robe ondulante, pour gravir l’inconnu. Explorons. Un long corps svelte, un regard droit et lucide, des yeux souriants et timides, que faire ? Tentures beiges, poutre châtaigne, lit blanc, fraises sur table, chemise foncée. Il fallait bien trois philosophies avant d’attaquer les mets précieux. Pourquoi de la veille au lendemain, l’effrontée se transforme en jeune première intimidé ? Personne ne sait comment le plomb se transforme en or précieux. Personne ne possède la formule pour transformer une robe […]