Émoi


O temps emporte les digues !

  Pendant qu’il est trop tard, viens petit amant du samedi, viens lécher mes doigts, un par un. Alors que s’écoule la nuit, mange chaque parcelle de mon avocat. Entre mes cuisses, dévore les réponses à tes questions. Mais déjà, il est trop tard. Tu es devenu adulte entre mes mains. Quand tu rentreras chez toi, ta mère devinera, aux ridules de ton sourire, que ton sexe est mou, flasque de vide. Demain matin, les livreurs de lave-vaisselle vont passer. Tu ne devrais plus être là, mais entre mes draps aux aurores, j’aurais avalé tes frayeurs nues. Ils sonneront. Et toi, tout endormi des sueurs de nuit, tu ne sauras […]


Si occitant 4

Bien sûr que tu me manques, ta peau me manque, ton rire me manque, tes mains dans mes cheveux me manquent, tes lèvres sur les miennes sont absentes. Mais je n’ai pas mal. Bien sûr que la nuit me ramène ta tête écrasée contre le carrelage de la douche blanche, tandis que tes ongles noirs s’abandonnent. Bien sûr que mon sexe s’émeut encore de mon doigt dans tes entrailles, de tes râles et de mes reins qui s’agitent. Et mon cerveau bandait pour toi, de ce sexe érigé que je n’ai point. Je te possédais. Bien sûr que les draps murmurent au monde que tu découvris la cuillère tout contre […]


D’aigre à doux

A force d’être entre deux chaises, mon cul s’élargit. Il faut tenir la chèvre et la bite, le choux et la chatte et y plonger les doigts profonds. Il s’agrandit à en pleurer les soirs de revenants. Au sommet de la mer, je pensais à tous les culs visités et aux vierges en pleurs. Combien de stations s’égrèneneront  sur mon chemin de croix ? Au sommet du monde bleu, la douceur virevolte dans l’air salé. Pourquoi les gabians me ramènent des coquelicots fanés ? Nos chaussures posées sur le mur de pierre, nous rendent invincibles au temps qui trépasse un jour une heure trop vite. De l’autre côté de la […]


Se mêle dans mon âme 2

[       …….         ……..      ] Aucune chatte ne sait qu’une couette se déplie avant de s’y abandonner. Celle-ci veut en être. Elle comprend que la chaleur se partage, là sur la couette chiffonnée. Elle désire de la compagnie tandis que mon corps se glisse vers le bas des dunes plates. Mes pieds dépassent à bas-bord et la terre ferme se refuse à moi. Ma bouche descends vers le chemin côtier. Mes mains naviguent à la quête du rivage apprivoisé. Une crique chaude m’y attend. De la langue, je marque la page du cahier de bord. [      …    …   …    …   ]                                         ] Comme […]