Émoi


Fantôme sans corps 2

Je me retournais, tu étais là. Je me retournais encore pour serrer le sommeil contre ma poitrine, tu étais là. Je me retournais à nouveau pour m’abandonner au repos profond, tu étais là. Ton visage, ton rire, ton cœur, tes bières, tes cheveux si courts, ta douleur, ton care, ta carapace, tes oublis, tes fissures, tes délicatesses, ton humour, tes peurs, tes poèmes denses, tes intenses, ta présence, tes ailes, ton iel, mon âme a tout emporté. J’entendais nos bouteilles de bière s’entrechoquer. Je sentais nos mains se checker. Nos épaules se touchaient presque sous les voûtes. Qui es-tu, puisque je ne connais que la surface de toi ? Qu’est […]


Viens baby 1

Viens bébé, viens sucer mon sein. Mélangeons tout le passé et le présent. Mélangeons la douleur et le plaisir. Viens encore. Suce et bande. Suce jeune homme. Que fais-tu dans mon lit, m’interrogent toutes les nuits ? Tous les psys à divan diraient qu’il reste des plumes dans le duvet de ses aisselles. Suce avant que les instants suspendus ne brisent en morceaux de miroir. Suce avant que je dise stop. Tu n’es pas un bébé dit ta barbe un peu folle. Tu n’es pas un ange disent tes anneaux aux oreilles. Tu n’es pas un bleu dit ton autre anneau intime. Tu es un peu fou dit ton tatouage. Tu […]


Valentin.e

Je voudrais te dire ce truc que je ne sais pas dire, un truc ouffissime , un truc qui fait dérailler le ciboulot. Mais, voilà, les mots me clouent le bec. Je suis au sol chaque fois que j’y pense. Je suis au bout de ma vie à rester dans le silence. Je suis au bout de ma vie quand j’imagine te dire. J’avoue, je te kiffe. Je te reluque avec envie. J’avoue encore que j’ai le cœur en chou-fleur quand je m’arrache le dimanche soir. Je voudrais que ça passe crème entre nous. T’inquiète bébé, on s’ra bien même si on se dit les mots jachère. J’aimerai te conter […]


Quelle indécence !

La routine remontait le quai du tram. Je suivais le cours de la foule, aucune autre issue possible. Je m’étais habituée à l’enchevêtrement de mes pensées, compressée dans l’affluence sortie du bureau. Nos masques sur le nez, nos tickets compostés sur la sagesse, nous avions validé le droit d’être la foule grise, sac au dos, casque sur la tempe. Je m’interdisais de sortir mon écran de compagnie pour humer la réalité crue. Là, ils me sautent à la figure. Là indécente jeunesse. Là tout contre les portillons de sécurité, ils s’embrassent. Choc. Moi qui ai vu les corps sans textile, qui ai baisé les culs bénis, qui ai écrit les […]