Émoi


Regard sur lit blanc 2

Yeux fermés, vous somnolez, un peu gêné. Je vous assure, monsieur, il n’est pas de plus grande fierté que de savoir que mon doigt vous transporte bien plus loin que la pente du toit. Vous étiez superbe, tordu de plaisir, arc tendu sur les draps. Dormez du sommeil bienheureux, j’écouterai votre cœur se débattre. Visage détendu d’instantanés heureux, vous êtes beau. Regard mâtiné de bonheur et de tristesse, vous avez la tête posée sur le lit blanc. Je n’aperçois qu’un seul de vos yeux. Un petit sourire danse au coin de votre bouche. Que pensez-vous, monsieur ? Que vous arrive-t-il ? Sans poser aucune question, je sais. Vous tombez amoureux. […]


Miscellanées

Tête sur bambou, le regard passe au travers la drogue rouge. Là-bas, une autre fille sourit, la tête contre le bambou en lamelles plates. Ses seins pendent, poires d’automne suspendues au crochet de métal. La maison est bourgeoise mais sans viking. La contrainte sent les huiles essentielles et la crème pour les fesses de bébé. Le rouge est unique. Instants flottants. Les mains contre la joue, je suis là. Il sent bon, ici. *** Sauvage après la peinture flamande, entre nos sexes se glissent le ciel. Les toits gémissent. Le métal prend la pose et les mains s’agrippent. Les baisers se faufilent entre la gorge et les sous-pente. Une morsure. […]


Indicible sexe 3

Il flotte du bonheur, doux et intense. Je n’ai pas envie d’écrire ce qui s’est passé. Les mots, je les trouverai à coup sûr car tant de fois j’ai dévoilé l’indicible sexe. Je veux profiter de l’instant présent, de nos instants présents. Et, déjà, j’en ai trop dit. Silence et sourire. Je voudrais dire qu’il ne faut pas avoir peur. Mais ce n’est qu’une tentative pour saisir. Je voudrais crier qu’il faut lâcher-prise mais ce n’est qu’une injonction. Être. Silence et émoi. La patronne m’a raconté sa vie. Elle avait préparé un petit-déjeuner pour des amoureux. Comme dans la chanson. Elle s’est excusée dix fois pour hier soir. Mais ce […]


Timide ode 1

Escalier ou ascenseur, les deux ont leurs charmes érotiques. Escalier, ai-je dit. Il est beau, a-t-il répondu. Il est  dentelles blanches sous mes talons noirs. Je remonte le pan de ma longue robe ondulante, pour gravir l’inconnu. Explorons. Un long corps svelte, un regard droit et lucide, des yeux souriants et timides, que faire ? Tentures beiges, poutre châtaigne, lit blanc, fraises sur table, chemise foncée. Il fallait bien trois philosophies avant d’attaquer les mets précieux. Pourquoi de la veille au lendemain, l’effrontée se transforme en jeune première intimidé ? Personne ne sait comment le plomb se transforme en or précieux. Personne ne possède la formule pour transformer une robe […]