Émoi


Cœur à pine 2

  Je voudrais te dire un truc que je ne sais pas dire, un truc ouffissime , un truc qui me fait dérailler le ciboulot. Mais, voilà, les mots me clouent le bec. Je suis au sol à chaque que j’y pense. Je suis au bout de ma vie à rester dans le silence. J’avoue, je te kiffe. J’avoue je te reluque avec envie. J’avoue encore que j’ai le cœur en chou-fleur quand je m’arrache le dimanche soir. Je voudrais que ça passe crème entre nous. T’inquiète bébé, on s’ra bien même si on se dit les mots en jachère. J’aimerai te conter fleurette avant que tu ne visites la […]


Sous-seing privé 1

  Viens bébé, viens sucer mon sein. Mélangeons tout le passé et le présent. Mélangeons la douleur et le plaisir. Viens encore. Suce et bande. Suce jeune homme. Que fais-tu dans mon lit, m’interrogent toutes les nuits ? Tous les psys à divan diraient que des plumes restent dans le duvet de ses aisselles. Suce avant que les instants suspendus ne se brisent en morceaux de miroir. Suce avant que je ne dise stop. Tu n’es pas un bébé, dit ta barbe un peu folle. Tu n’es pas un ange, disent tes anneaux aux oreilles. Tu n’es pas un bleu, dit ton cercle intime. Tu es un peu fou, dit […]


La nuit, je vis 1

Plus rien n’entre ni ne sort. Pas de ma chatte. Plus rien ne sort de mon cerveau. Je n’arrive ni à lire ni à écrire et encore moins à lutter contre ces fichues répétitions, drogues de mes synapses. Si au moins elles me servaient à écrire du rap. Mais, non. Impossible de capturer la moindre phrase pour l’atelier d’écriture à distance. Rien. Vide. Aucune tâche qui construirait un futur n’arrive à franchir les barrières de mon ennui. Même les chimères aux yeux ouverts me sont inaccessibles. Mon imagination applique la distanciation sociale, strictement. Seule la nuit m’apporte une multitude de rêves. Quand je sors de mes murs pour aller au […]


O temps emporte les digues !

  Pendant qu’il est trop tard, viens petit amant du samedi, viens lécher mes doigts, un par un. Alors que s’écoule la nuit, mange chaque parcelle de mon avocat. Entre mes cuisses, dévore les réponses à tes questions. Mais déjà, il est trop tard. Tu es devenu adulte entre mes mains. Quand tu rentreras chez toi, ta mère devinera, aux ridules de ton sourire, que ton sexe est mou, flasque de vide. Demain matin, les livreurs de lave-vaisselle vont passer. Tu ne devrais plus être là, mais entre mes draps aux aurores, j’aurais avalé tes frayeurs nues. Ils sonneront. Et toi, tout endormi des sueurs de nuit, tu ne sauras […]