Culture


Suzanne

Derrière le mur, sous les arbres, je prenais mon bain, nue sous la bise. Je posais mes pieds dans l’eau fraiche, c’est mon oasis en mon sein. Il faisait beau. La vie était simple. Chaque goutte d’eau était autant de liberté. Un sourire était sur mes yeux. J’étais au monde sans rien lui demander. J’étais nature sans vigne vierge, rouge d’automne, ondulée des âges. L’air sur ma bouche se faisait instinct. Je communiais avec l’atmosphère. Éternel présent. Là derrière, les hommes regardaient. Ils auraient pu contempler le trou de la serrure. Ils auraient pus être au présent sans voile. Ils auraient pu respirer l’air et la chair et la chance. […]


Orpheline de Arnaud Des Pallières et Christelle Berthevas 2

Sa peau blanche apaisée, son pied, son mollet où fleuri un léger bleu presque jaune, son genou, sa cuisse, un genoux épais et poilu au-dessus de sa hanche. Douceur. Ses seins écrasés sur le matelas. La lumière se faufile entre la pénombre de la chambre. La tiédeur de la soirée d’été se devine. La main masculine cache son visage. Quiétude de l’instant, torpeur après l’amour. Soudain, on frappe à la porte de l’appartement. Elle lui demande d’y aller. Il ne bouge pas. Sa peau crisse sur le drap. Elle passe la porte de la chambre, finissant de nouer sa robe légère et quotidienne. Les coups sourds se répètent, insistant. Elle […]


La femme brouillon- Insectes 3

Ma tante disait que les dragées se dégustent soit par deux, soit pas du tout. Elle était gourmande et généreuse. Est-ce pour cela que je vous présente toujours les livres deux par deux ? Est-ce que cet adage s’applique aussi aux hommes ? Puisque je suis dans la rubrique littéraire, je serais tentée de prendre exemple sur Marguerite Duras pour répondre à cette dernière question. Une fois n’est pas coutume, je vais vous présenter deux livres qui traitent du même thème, celui de la maternité :  « La femme brouillon » d’Amandine Dhée et « Insecte » de Claire Castillon. Depuis la découverte de « Pas dans le cul aujourd’hui » me voilà abonnée à la […]


Chatte de gouttière 1

Chatte je suis, chatte je reste monsieur. C’est ma nature. Contre votre sexe, je ronronne. Passez votre main dans mes cheveux, et vous me verrez m’allonger de plaisir. Tous les jours, je rentre à la maison, n’espérez pas savoir quand ni où. Un chat n’est pas un chien pas plus que les chiens ne font les chattes. A votre queue gonflée, je caresse la tête sans me faire prier. Alanguie entre vos cuisses, je contemple le plafond. Ma chatte libre se repait de vous. Vous êtes fier de cet animal gémissant sans crainte sous vos gammes. Jouons aujourd’hui. Demain, je sortirai les griffes pour plaisanter, pour arracher votre dos de […]