cordes


Minuit nu 1

Exposé, entier. Nu. Les bras en croix. Son sexe est une tempête calme. Serrer le cuir quatre fois. Une écharpe douce et chamoisée fait le tour de ses yeux. Il est beau, la tête enserrée dans la soie qui porte son odeur à elle. Quelques temps auparavant, il m’avait dit qu’il ne portait pas de caleçon sous son jean. Nous avions négocié sec avant de manger du saucisson. Une ceinture après l’autre, le piège se referme. Il devient une pièce de bois dont les biceps sont saillants. De petites lignes bleues, des veines sans aucun doute, cheminent vers ses mains abandonnées. La corde noire s’enroule autour des cuisses, serpent qui […]


Temps suspendu 3

Nous volons à travers la ville. Brune, les yeux plongés dans le sol gris, son sexe est suspendu entre ciel et ailleurs. Elle ne regarde aucun des passagers du métro aérien. Sa présence irradie le wagon impassible. Sans maquillage, un carré court dont une mèche est coincée derrière l’oreille, son visage ne bouge pas d’un cil. Chaque interstice de la rame est emplie de son essentiel. Elle redresse la tête. Son menton pointe vers un monde inconnu.  Une constellation noire décore son sac blanc cassé. A chaque arrêt une vague de passager s’écoule par les portes ouvertes tandis que sa présence habite avec nous. Une fausse fourrure noire recouvre ses […]


Tire la barbichette 1

Son regard sous mon corps, son regard contemple, profite, surveille, soutient, prend. Marron profond. Tire la barbichette et la chevillette jouira. Cheveux en flou artistique. J’ai les ai plus court que lui. Je referme les yeux. Les autres sont autour. Je ne veux pas les regarder pour tenir ma bulle. Je sais qu’ils sont là. un couple flou. Des orteils vernis rouges. Des chaussettes blanches. Des pieds novices.  Je suis fière. Laisse-toi faire. C’est comme en danse, je veux aider mon partenaire, je veux être actrice et pas celle qui suit le mouvement. J’ai appris à danser  le rock entre filles, et j’ai toujours préféré être la  meneuse. J’apprends qu’on […]


Trip 3

Ce sont des voyages dont nul ne sait quand ils commencent. Ils prennent source dans les sourires. Ils sont volutes entre deux mots, vent dans les caves, pierre sous rivières, feuilles de métal souple, traces dans la chair, morsures vertes. Ils sont des oiseaux dansant sur un tissus rouge qui glisse sous des fesses larges. Nul ne sait quand on en revient. J’ai vu l’homme arracher le tissus imprimé des reins de l’autre fille. D’une main sûre, il l’a fait volé. Elle avait les mains liées, les cheveux libres et les seins pointus. Elle se tortillait comme une carpe prise dans un filet. Elle se glissait dans le jeu aussi […]